Dans un souci de cohérence méthodologique, de lisibilité et de rationalisation éditoriale, le gouvernement a choisi de consolider le Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT), les Cadres de dépenses à moyen terme (CDMT) sectoriels ainsi que les rapports d’exécution et de conjoncture au sein d’un instrument unique : le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB). Le document, qui couvre la période 2027-2029, formalise les orientations budgétaires concourant à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2030 (SDN 30).
Il s’inscrit dans le cadre de la septième session du le Débat d’orientation budgétaire (DOB), jalonnant la préparation du projet de Loi de finances initiale pour l’exercice 2027, dont il fixe les contours généraux, les cibles de recettes et les plafonds d’enveloppes de charges. En 2026, cet exercice de programmation se déroule dans un environnement international et sous régional complexe, marqué par de vives incertitudes géopolitiques et la persistance de tensions inflationnistes. Face à ces vents contraires, le Gouvernement réaffirme sa ferme détermination à préserver la résilience de l’économie nationale.
L’action publique restera orientée vers l’accélération des réformes structurelles de la SND 30, l’intensification de la politique d’import substitution et la consolidation des acquis du Programme économique et financier (PEF) mené de concert avec les partenaires techniques et financiers, au premier rang desquels le Fonds monétaire international (FMI).
Réunis le 6 juillet 2026, en séance plénière sous la présidence du très honorable Théodore Datouo, les députés ont examiné le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEBM) 2027-2029, une étape essentielle dans la préparation du prochain budget de l’État. C'est un exercice qui revient chaque année, mais celui de 2026 a un caractère particulier.
Les recettes fiscales tiennent à peu près le choc, mais tout ce qui dépend des partenaires extérieurs à savoir prêts, dons, appuis budgétaires, s'est quasiment arrêté au premier trimestre. Et l'investissement public, qui est censé porter la croissance de moyen terme, a chuté d'une façon qui dépasse largement les explications habituelles de saisonnalité administrative. Au parlement, les débats ont porté sur plusieurs enjeux majeurs : mobilisation des ressources publiques, diversification de l’économie, exécution des investissements publics, accélération des projets structurants, gouvernance des secteurs minier, forestier et pétrolier ; et le soutien à l’agriculture, à l’industrie et à l’emploi.
Dans son exposé devant les députés de la Commission des Finances et du Budget, le ministre des Finances a également relevé les principaux risques susceptibles d’affecter la trajectoire budgétaire retenue. Il s’agit notamment des éventuels retards dans la mise en œuvre de certaines mesures fiscales, des pressions liées à la situation sécuritaire, de la fragilité financière de certaines entreprises du secteur de l’électricité, ainsi que du resserrement des conditions de financement sur le marché intérieur.
Le bouclage financier des budgets 2027 à 2029 reste par ailleurs lié à la conclusion attendue d’un nouveau programme économique et financier avec le Fonds monétaire international. À la suite de cette présentation, un échange nourri s’est ouvert entre le ministre des Finances et les députés membres de la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée nationale.
Les préoccupations des élus ont notamment porté sur la soutenabilité de la dette, la mobilisation effective des recettes, l’impact des nouvelles mesures fiscales sur les ménages et les entreprises, le financement des secteurs prioritaires, ainsi que la capacité de l’État à faire face aux dépenses sécuritaires et aux besoins d’accompagnement de certaines entreprises publiques stratégiques. En réponse, le Minfi a apporté des clarifications sur la démarche du Gouvernement, fondée sur une programmation rigoureuse, prudente et réaliste. Il a souligné que les orientations retenues visent à préserver durablement l’équilibre des finances publiques, tout en créant les conditions d’une accélération de la croissance économique.








