« Dégagez maintenant »… et alors ? Avant de juger Samuel Eto'o, il faudrait peut-être se poser une question simple : à quel moment un être humain perd-il le droit de choisir quand il veut être filmé ? Une tribune prend la défense du président de la FECAFOOT, estimant que sa réaction face à une caméra imposée est « profondément humaine ». « Filmer quelqu'un malgré son refus explicite, puis diffuser sa réaction en se drapant dans les grands principes de la profession, ce n'est pas bon pour la presse. »
DEGAGEZ MAINTENANT »… ET ALORS ?
Avant de juger Samuel Eto’o, il faudrait peut-être commencer par une question simple ... À quel moment un être humain perd-il le droit de choisir quand il veut être filmé ?
Un homme marche, il ne demande rien;il ne donne aucune autorisation. Pourtant une caméra s’impose à lui, cherche son visage et attend sa réaction. Et lorsque cet homme refuse cette intrusion avec fermeté, c’est lui qu’on transforme en accusé.
C’est absurde
Dans la vie normale quand quelqu’un surgit dans votre espace avec insistance, sans votre accord, votre premier besoin est de créer une distance. De repousser ce que vous percevez comme une agression.
Il a eu une réaction profondément humaine.
Et la suite des événements lui a même donné raison.
Car si l’objectif avait réellement été d’informer avec honnêteté, la scène n’aurait jamais dû être diffusée après son refus clair. À partir du moment où il ne souhaitait ni parler ni être filmé, tout professionnel sincère aurait dû comprendre la limite.
Mais ils ont continué.
Pourquoi ?
Parce que l’information n’était plus le but,le but c’était la réaction.
Et c’est précisément ce que Samuel Eto’o avait compris avant même que le piège ne se referme. Son « Dégagez maintenant» est la preuve qu’il avait identifié l’intention réelle derrière cette pseudo-interview.
Maintenant, parlons franchement entre journalistes...
La liberté de la presse est une responsabilité immense. Mais certains confrères commettent une faute lorsqu’ils utilisent cette liberté comme un bouclier moral pour justifier des pratiques qui relèvent davantage de la provocation que du journalisme.
Filmer quelqu’un malgré son refus explicite, puis diffuser sa réaction en se drapant ensuite dans les grands principes de la profession ce n’est pas bon pour la presse.
Et le plus ironique dans cette affaire, c’est que ceux qui condamnent aujourd’hui la brutalité du mot, semblent beaucoup moins choqués par la brutalité de la méthode qui l’a provoqué.
On peut discuter du ton,
Mais on ne peut pas faire semblant de ne pas comprendre la réaction.









