Actualités of Saturday, 23 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique révèle : le général René Claude Meka évacué en France, l'armée camerounaise sans sa tête au pire moment

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L'absence la plus remarquée du 20 Mai 2026 n'était pas celle d'un ministre ou d'un parlementaire. C'était celle du général René Claude Meka, chef d'État-major des armées de Paul Biya — l'officier le plus haut gradé du Cameroun, absent du défilé militaire le plus important de l'année. Et Jeune Afrique révèle en exclusivité ce que les autorités militaires camerounaises ont soigneusement évité de dire : le général ne se trouve pas à Yaoundé. Il aurait été évacué sanitairement en France — pays d'origine de son épouse — pour y être pris en charge pour un «état de santé dégradant».


La chronologie révélée par Jeune Afrique est précise et accablante. Début mai 2026, une rumeur annonçant le décès du général René Claude Meka circule sur les réseaux sociaux camerounais — avec une virulence suffisante pour contraindre le directeur général du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHUY), Vincent de Paul Djientcheu, à sortir de son silence. Il confirme que Meka «avait été pris en charge au sein de son établissement» — mais précise qu'«il avait quitté les lieux». Un démenti du décès, mais pas un brevet de bonne santé.
Car Jeune Afrique révèle ce qui s'est passé après cette sortie du CHUY : le général «n'a pas regagné son domicile du quartier général» mais «aurait bénéficié d'une évacuation sanitaire en France». Pas de communiqué officiel, pas d'annonce, pas de déclaration de l'armée. Juste un silence — que le journal brise avec des informations obtenues de sources proches du dossier. Ce silence institutionnel, note Jeune Afrique, «n'a fait qu'amplifier les interrogations» sur l'état réel du chef d'État-major.


Le profil du général Meka que Jeune Afrique dresse en creux de son enquête est celui d'un homme d'institution d'une longévité exceptionnelle — formé à Saint-Cyr, la prestigieuse école militaire française — mais dont l'état physique avait déjà suscité des préoccupations avant même cette hospitalisation. Le journal révèle que Meka «trainait depuis plusieurs années une défaillance visuelle qui l'empêchait de lire par lui-même les documents administratifs» — et évoque des «complications ayant affecté une mobilité déjà difficile».
Un chef d'État-major qui ne peut pas lire ses propres documents administratifs sans assistance. Une mobilité déjà réduite avant sa dernière hospitalisation. La question que Jeune Afrique pose sans la formuler explicitement est celle-ci : depuis combien de temps le chef d'État-major des armées camerounaises n'est-il plus en mesure d'exercer pleinement ses fonctions ? Et qui, dans ce cas, dirigeait réellement l'armée ?


Selon les révélations de Jeune Afrique, la confirmation définitive de la gravité de la situation est venue le 18 mai — deux jours avant le défilé. Ce jour-là, lors des répétitions générales de la grande parade militaire dirigée par le ministre de la Défense Joseph Beti Assomo, le chef d'État-major «n'a pas pris part aux répétitions ni à la réunion technique préparatoire». Pour des gradés de Yaoundé, manquer les répétitions générales du défilé du 20 Mai équivaut à une confession publique d'indisponibilité totale. L'absence deux jours plus tard lors de la cérémonie officielle n'était donc plus une surprise — mais elle n'en était pas moins lourde de symboles.