Actualités of Monday, 11 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Torture : ce qu'on dit du Général Philippe Mpay

Qui était l’homme ? Qui était l’homme ?

Philippe Mpay, ce Général qui était tant redouté et dont on dit qu’il servait tant le régime, quitte à massacrer les citoyens. Qui était vraiment l’homme, qualifié de « vrai tortionnaire » par plusieurs sources ? Le journal L’indépendant parle de lui après sa mort.

Commandant des Ecoles et centres d’instructions interarmées, le Général de division Philippe Mpay a rendu l’âme dans la nuit du 8 au 9 mai 2026 à l’hôpital militaire de Yaoundé, des suites de maladie, à l’âge de 87 ans.

Figure respectée de la hiérarchie militaire, le Général Philippe Mpay, né en 1939 à Nguibassa, dans le département du Nyong-et-Kellé (région du Centre, Cameroun), est l’une des figures majeures de l’armée camerounaise. Officier de carrière formé en France, il a consacré plus de soixante ans de sa vie au service de la Nation, occupant les plus hautes fonctions militaires, et se distinguant par son intégrité, sa rigueur et son engagement patriotique.

De son CV, l’on apprend qu’il est issu d’une famille modeste mais rigoureuse. Le jeune Philippe Mpay effectue ses études primaires à Libamba puis à Makak. Il poursuit son cycle secondaire successivement au lycée Joss de Douala, au lycée Leclerc de Yaoundé, puis à Brazzaville, où il obtient en 1960 un baccalauréat en philosophie. Cet ancrage intellectuel solide lui donne une ouverture d’esprit et une discipline qui marqueront toute sa carrière.

Peu après l’indépendance, le 19 octobre 1960, Philippe Mpay s’engage dans les Forces armées camerounaises. Il est envoyé en France où il suit un parcours prestigieux : École spéciale militaire de Saint-Cyr (diplômé en 1962), École d’application d’infanterie de Saint-Maixent, Cours de capitaine à Montpellier, École supérieure de guerre de Paris (promotion 1975). Il complète cette formation par des stages d’état-major et exerce la fonction d’attaché militaire à Paris, où il perfectionne sa maîtrise des stratégies de défense et des relations internationales.

De retour au Cameroun, Philippe Mpay gravit progressivement tous les échelons de la hiérarchie : adjoint au commandant de section, puis chef de bureau à l’État-major, avant de devenir chef de la Division d’Emploi de l’Armée de terre, dans les années 1960-70 ; Commandant de la 3ᵉ Section militaire à Bafoussam, en 1981 ; Commandant des Écoles et Centres d’Instruction, 1983. Par la suite, il va commander successivement la 3ᵉ, la 5ᵉ, la 2ᵉ et la 6ᵉ Région militaire. En 2000, il dirige le Commandement opérationnel de Douala, mis en place pour lutter contre la grande criminalité dans la capitale économique.

Déjà promu Général de Brigade, le 5 février 1993, il devient Général de Division, le 25 septembre 2001. Au-delà de ses fonctions de commandement, le Général Philippe Mpay s’est illustré dans la formation des nouvelles générations d’officiers. Jusqu’à sa mort il était le Commandant des Écoles et Centres d’Instruction Interarmées (Comeciia). Avant cela, en 2018, il avait été nommé par décret présidentiel assesseur suppléant auprès des Chambres militaires des Cours d’appel dans toutes les régions du Cameroun. En 2022, le digne fils Bassa’a installe le Général de brigade Nka Valère à la tête de l’École supérieure internationale de guerre (Esig).

En 2023 et 2024, il préside les cérémonies de remise de sabres aux 39ᵉ et 40ᵉ promotions de l’École militaire interarmées (Emia). En septembre 2024, il lance officiellement la rentrée de la 20ᵉ promotion de l’Esig, composée d’officiers supérieurs issus de 26 pays, qui suivent une formation de haut niveau sanctionnée par un Master en stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et catastrophes. Le Général Philippe Mpay est unanimement reconnu comme un militaire intègre et rigoureux, fidèle à l’idéal républicain.

Homme de devoir, discret mais ferme, l’officier général de l’armée camerounaise aura contribué à façonner l’armée camerounaise moderne en formant des générations entières d’officiers et en incarnant les valeurs de discipline, loyauté et patriotisme. Dans de nombreux portraits, il est décrit comme un officier à la rectitude morale irréprochable, qui a su allier compétence technique et sens humain du commandement.

Ndlr, sur le sujet de la torture, le média ne s’est pas vraiment prononcé. Les sources assurent que le Général faisait enlever les personnes hostiles au pouvoir de Yaoundé et les faisait torturer.