L'influence de Ferdinand Ngoh Ngoh ne s'exerce pas seulement à travers des entrepreneurs privés. Elle s'étend profondément dans les entreprises publiques camerounaises, où une constellation de directeurs généraux lui seraient redevables ou directement acquis. C'est ce que Jeune Afrique documente avec une précision inédite dans son enquête exclusive du 10 mai 2026.
Cyrus Ngo'o, directeur général du Port Autonome de Douala (PAD) — dont le remplacement a récemment été annoncé par Boris Bertolt — est décrit par Jeune Afrique comme «un proche de Ferdinand Ngoh Ngoh». Le journal révèle qu'il avait conclu «en 2019, un contrat de gré à gré avec PortSec SA» de l'Israélien Tsafir Tzvi pour la sécurisation du port. Et qu'il avait tenté, à la demande de Ngoh Ngoh, de confier le marché du scanning des marchandises à Transatlantic D SA — avant de «devoir faire marche arrière» sous la pression du ministère des Finances et de l'opérateur suisse SGS.
À Camtel, Judith Yah Sunday — épouse de l'ancien Premier ministre Simon Achidi Achu — incarne selon Jeune Afrique cette «technostructure publique fidèle au Secrétaire Général». Le journal révèle qu'elle est «proche de la Première Dame Chantal Biya, ainsi que de la belle-mère d'Eran Moas» — une convergence de réseaux qui dit la densité des connexions au sommet de l'État.
Dans le secteur des hydrocarbures, Jeune Afrique identifie Véronique Moampea Mbio, directrice générale de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP), comme «une proche amie de Céline Ngoh Ngoh», épouse du SGPR. Et Jean-Paul Simo Njonou, patron de la Sonara (Société Nationale de Raffinage), dont Ngoh Ngoh «a favorisé l'ascension». Un réseau de loyautés croisées qui transforme les entreprises publiques camerounaises en prolongements du pouvoir du Secrétariat Général de la Présidence.









