Dans les coulisses du pouvoir économique camerounais, il y a un nom que peu de Camerounais connaissent mais que tous les grands décideurs redoutent : Jean-Claude Ayem Mauger. Jeune Afrique, dans une enquête exclusive publiée ce 10 mai, révèle que cet homme discret est le conseiller économique de la présidence — et surtout «l'homme de confiance [de Ferdinand Ngoh Ngoh] pour tout ce qui a trait au business, celui par qui transitent la plupart des dossiers économiques».
Sa puissance réelle, Jeune Afrique la résume avec une formule qui dit tout : il «fait quasi office de ministre de l'Économie et des Finances» — au point de «porter parfois ombrage aux titulaires de ces postes», à savoir Louis Paul Motaze (Finances) et Alamine Ousmane Mey (Économie). Ces deux ministres officiels se retrouvent ainsi parfois «réduits à suivre, sur instruction du chef de l'État, les orientations qu'Ayem Mauger a décidées». Un ministre non élu, non nommé à ce titre, qui donne des orientations à des membres officiels du gouvernement — voilà ce que révèle Jeune Afrique sur la réalité du pouvoir à Etoudi.
Son bilan opérationnel est lourd. Selon Jeune Afrique, il a «supervisé en sous-main nombre de dossiers liés à la gestion de la pandémie de Covid-19 et à l'organisation de la CAN 2022» — deux séquences «marquées par plusieurs passations de marchés controversées». Il préside ou siège en outre dans les conseils d'administration de Camair-Co, de Nachtigal Hydro Power Company et de Camtel. Un portefeuille d'influence qui, combiné à son rôle de «vigie auprès de certains directeurs généraux pour le compte de Ngoh Ngoh», fait de lui l'un des hommes les plus puissants du Cameroun que vous n'avez jamais vu à la télévision









