Actualités of Monday, 4 May 2026

Source: L'Indépendant n°1026

Financement : la note du Cameroun dévoilé

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Dans sa dernière évaluation publiée le 24 avril 2026, Fitch Ratings a maintenu la note souveraine du Cameroun à « B » avec une perspective négative, tout en pointant une dépendance accrue aux financements extérieurs pour les mois à venir.

Dans sa dernière évaluation publiée le 24 avril, Fitch Ratings a maintenu la note de défaut émetteur à long terme en devises à « B », au Cameroun, assortie d’une perspective négative. Une décision qui traduit un équilibre fragile entre des fondamentaux macroéconomiques relativement solides et des vulnérabilités structurelles persistantes.

Du côté des facteurs de soutien, l’agence met en avant une croissance économique résiliente, attendue à 3,7 % en moyenne sur la période 2026-2027. Cette dynamique repose notamment sur la stabilité de la production pétrolière, les investissements dans le secteur minier et les progrès en matière d’électrification.

Par ailleurs, la trajectoire de la dette publique apparaît maîtrisée, avec un ratio projeté à 40,2 % du PIB d’ici 2027, en dessous de la médiane des pays notés « B ». Mais ces éléments positifs sont contrebalancés par des fragilités bien identifiées. Fitch pointe en particulier la faiblesse persistante de la gouvernance et de la gestion des finances publiques. Le stock d’arriérés domestiques, estimé à 560 milliards de Fcfa en 2025 (1,6 % du PIB), illustre ces difficultés, tout comme le recours continu à des interventions quasi-budgétaires via la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Sur le plan budgétaire, le déficit devrait rester contenu mais fragile, attendu à 1,6 % du PIB en 2026. Toutefois, cette trajectoire dépend fortement d’une amélioration des recettes non pétrolières et d’un accès continu aux financements extérieurs, notamment dans le cadre d’un éventuel programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Enfin, la perspective négative reflète des risques encore significatifs.

Parmi eux : les incertitudes politiques liées à la succession du président Paul Biya, malgré une réforme constitutionnelle récente introduisant un poste de vice-président, ainsi que les tensions sur les marchés de l’énergie susceptibles d’affecter la croissance. Au total, la notation du Cameroun illustre une économie capable de résister aux chocs à court terme, mais encore contrainte par des faiblesses institutionnelles profondes.

En janvier 2026, Yaoundé a pourtant réussi une sortie remarquée sur les marchés avec un eurobond de 750 millions de dollars, largement souscrit. Un signal d’accès maintenu aux capitaux internationaux, malgré un coût élevé. Mais pour les analystes, cet élan pourrait s’essouffler sans un nouveau programme avec le Fonds monétaire international. Depuis la fin du précédent accord en juillet 2025, les discussions se poursuivent. Dans un contexte régional tendu, les États de la Cemac ont eux-mêmes appelé à consolider leurs relations avec l’institution financière pour préserver les réserves de change.

Les dernières consultations du FMI, publiées fin mars, confirment une économie sous pression et des réformes encore attendues. Entre 2021 et 2025, l’appui financier reçu par le Cameroun reste limité, loin des montants obtenus par certains voisins plus dynamiques. Pour Yaoundé, l’enjeu est clair : restaurer la confiance sans creuser davantage la dette.