Les tensions internes au sommet de l’État camerounais semblent s’intensifier depuis la révision constitutionnelle prévoyant la nomination prochaine d’un vice-président, appelé à devenir le successeur institutionnel en cas de vacance du pouvoir. Le dernier épisode en date concerne le Premier ministre Joseph Dion Ngute, qui aurait été contraint d’annuler un déplacement officiel dans des conditions jugées humiliantes.
Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a été désigné hier vers 14 h par le Cabinet civil de la présidence de la République pour représenter le président Paul Biya au Gabon lors de l’inauguration du Palais des congrès Omar Bongo à Libreville. Le délai était particulièrement serré, nécessitant la mobilisation urgente d’un avion. Le cabinet du Premier ministre s’est immédiatement mis au travail pour organiser le voyage. Cependant, dans de telles circonstances, obtenir un vol dans un délai aussi court s’est avéré être un défi logistique.
Pendant plusieurs heures, l’équipe du Premier ministre a tenu le Cabinet civil informé, minute par minute, de l’avancement de la recherche d’un avion. Le temps passant sans qu’une solution ne soit trouvée, le retard est devenu important. Afin d’éviter tout incident diplomatique, le Cabinet civil a décidé de prendre des mesures proactives. L’ambassadeur du Cameroun au Gabon a alors été chargé de représenter le chef de l’État lors de la cérémonie officielle.
Néanmoins, tard dans la nuit, les efforts de l'équipe du Premier ministre ont finalement porté leurs fruits. En collaboration avec la compagnie aérienne nationale Camair-Co, un avion a été trouvé. Le vol était prévu à 6 h 30 le lendemain matin au départ de l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. À 5 h 30, la délégation du Premier ministre est arrivée à l'aéroport pour accomplir les formalités nécessaires. À 6 h, le Premier ministre est arrivé et s'est installé dans le salon VIP, prêt à embarquer.
Cependant, à 6 h 20, le cabinet du Premier ministre a reçu un message envoyé plus tôt par le Cabinet civil annonçant l'annulation du voyage. La délégation a alors quitté l'aéroport sans que le Premier ministre n'embarque dans l'avion.









