Actualités of Wednesday, 29 April 2026

Source: www.camerounweb.com

AFFAIRE ABA'A OYONO : Le Délégué Régional de la Sûreté du Nord officiellement notifié, 3 milliards réclamés

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L'affaire prend une nouvelle dimension judiciaire retentissante. Ce 28 avril 2026 à 8h31, Maître Emabou Martin, Huissier de Justice Intérimaire à l'Étude Maître Kuissa Charles, Huissier de Justice Commissaire-Priseur près la Cour d'Appel du Nord et les Tribunaux de Garoua, a officiellement notifié le Délégué Régional de la Sûreté Nationale du Nord à Garoua, Sieur Jean Apôtre Le Nye, d'un recours gracieux en réparation pécuniaire déposé par le Professeur Jean Calvin Aba'a Oyono de l'Université de Yaoundé II. Le montant réclamé est colossal : 3 milliards de FCFA — soit l'évaluation chiffrée par la victime du préjudice subi durant ses 42 jours de privation de liberté.


Le procès-verbal de notification, établi à la requête du Professeur Aba'a Oyono, a été remis et laissé aux bureaux du Délégué Régional, en mains propres à un agent du secrétariat. Le document contient l'original de la lettre signée par le requérant le 24 avril 2026, portant en objet : «Recours gracieux en réparation pécuniaire fondée sur la faute administrative consécutive à mon refoulement de la ville de Garoua, à mon kidnapping à Yaoundé puis à un dépôt de «colis» humain au SED, en complicité et coaction, ayant entraîné Quarante Deux (42) jours de rude privation de liberté, globalement évaluée à Trois Milliards de FCFA (3.000.000.000).»

Le terme «colis humain» — employé par le Professeur lui-même pour désigner la manière dont il a été traité — résume avec une brutalité saisissante ce qu'il décrit dans sa plainte : enlevé, cagoulé, menotté, battu, transporté comme un objet de Garoua à Yaoundé, puis déposé au Service Central des Recherches Judiciaires du SED sans mandat ni procédure légale.


L'évaluation du préjudice à 3 milliards de FCFA pour 42 jours de détention arbitraire est à la fois une revendication financière et un acte politique fort. Elle signifie que le Professeur Aba'a Oyono n'entend pas solder cette affaire à bon marché — ni laisser l'État camerounais croire que des agissements aussi graves peuvent se régler par une indemnité symbolique. Cette somme, si elle venait à être accordée par la justice, constituerait l'une des plus importantes réparations jamais obtenues par un opposant politique victime d'une arrestation arbitraire au Cameroun.


En faisant procéder à cette notification par voie d'huissier, le Professeur Aba'a Oyono envoie un signal clair à toute la chaîne de responsabilité qu'il dénonce : ce dossier ne sera pas étouffé. La notification officielle au Délégué Régional de la Sûreté Nationale du Nord — premier responsable nommément visé dans la plainte déposée le 23 avril devant le Tribunal Militaire de Yaoundé — rend toute ignorance impossible. Jean Apôtre Le Nye est désormais officiellement informé des poursuites engagées contre lui. Il dispose d'un délai pour répondre au recours gracieux — et son silence éventuel sera lui aussi un élément judiciaire.

Cette affaire, qui a débuté par un enlèvement dans la nuit du 25 octobre 2025, est en train de se transformer en l'une des procédures judiciaires les plus retentissantes impliquant les services de sécurité camerounais depuis l'affaire Martinez Zogo. Avec cette différence — et elle est de taille : la victime, cette fois, est en vie, debout, et déterminée à obtenir justice.