La déclaration a l'effet d'une bombe sur la scène politique camerounaise. Georges Gilbert Baongla, présenté comme le fils aîné de Paul Biya, vient d'affirmer publiquement et sans détour que le futur Vice-Président de la République doit impérativement être choisi au sein de la famille présidentielle. Une sortie aussi explosive qu'inédite — car jamais encore un membre de la famille du Chef de l'État n'avait revendiqué aussi ouvertement et aussi directement une part du pouvoir institutionnel au nom du sang et de la lignée. Dans un pays où la question successorale est sur toutes les lèvres depuis l'adoption de la révision constitutionnelle le 4 avril, cette déclaration tombe comme une pierre dans un lac — et les ondes de choc ne sont pas près de s'arrêter.
La sortie de Baongla relance avec une acuité brûlante le débat sur la nature dynastique que prend progressivement le pouvoir camerounais. Alors que Franck Emmanuel Biya, fils du président, fait l'objet depuis des semaines d'une campagne de positionnement sur les réseaux sociaux pour la Vice-Présidence, la déclaration de Georges Gilbert Baongla vient confirmer ce que beaucoup pressentaient : au sein même de la famille présidentielle, la bataille pour l'héritage du pouvoir est ouverte — et certains entendent la mener publiquement, sans complexe ni précaution. Entre Franck Biya soutenu par les «Franckistes» et désormais cette voix familiale qui revendique haut et fort une Vice-Présidence dans la lignée présidentielle, le débat successoral prend une dimension dynastique que l'opposition et la société civile ne manqueront pas de dénoncer.
Simple opinion ou véritable signal politique ? La question mérite d'être posée — mais dans la politique camerounaise, où rien ne se dit jamais tout à fait par hasard, une telle déclaration d'un membre de la famille présidentielle, au moment précis où Paul Biya s'apprête à nommer son Vice-Président, ressemble davantage à un ballon d'essai calculé qu'à une improvisation. Les réactions de l'opposition, de la société civile et des chancelleries étrangères ne devraient pas tarder. Et Paul Biya, lui, observera — comme toujours — depuis le silence de l'Etoudi.









