Les éléments de la Délégation Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) déployés lors de la 14e Conférence ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tenue récemment à Yaoundé, ont failli descendre dans la rue pour contester les « primes de catéchiste » perçues à cette occasion.
« Trop c'est trop », disent-ils, à bout face aux misères imposées par leur hiérarchie. Selon les révélations du lanceur d’alertes Paul Chouta, tout serait parti de l’appétit pantagruélique envers les mallettes de billets de banque de la seconde épouse, originaire des forêts Yezoum, dans la Haute-Sanaga.
En effet, la nommée Philomène Mbarga a raflé tous les marchés de la DGSN, dont certains sont fictifs et d'autres mal exécutés — à l'instar des marchés de construction des hôtels de police.
« Pendant que s'enchaînent ces lubies et foucades financières, le personnel de la DGSN végète et broie du noir. Les murmures enflent dans les couloirs de l'institution, car des choses étranges s'y passent. Le « vieux père fouettard » s'est entouré de personnes peu recommandables, notamment les commissaires Meva'a et Nguele. Ces deux personnalités sont font la pluie et le beau temps à la DGSN, au point de rendre la vie impossible à leurs collègues. Quant à leurs investissements personnels, nous y reviendrons. », confie-t-il.
La goutte d'eau a fait déborder le vase lors des dernières assises de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au Palais des Congrès de Yaoundé. En effetn pour garantir la sécurité des lieux et le bon déroulement des travaux, cet événement a nécessité un important déploiement des forces de maintien de l'ordre. Pendant quatre jours, plus d'une centaine de policiers ont été postés le long de l'itinéraire aéroport de Nsimalen – Palais des Congrès ainsi que dans les hôtels logeant les hôtes. Mais malheureusement, comme le souligne Paul Chouta, pour le personnel de police, et contrairement aux éléments de la gendarmerie, le traitement n'a pas été équitable.
« Une fois rendus à la Direction des Finances, de la Gestion Informatisée et de la Logistique (DGFIL), leur surprise fut totale face à des montants dérisoires :
• Commissaires Divisionnaires : 4 000 FCFA par jour ;
• Commissaires de police principaux : 3 500 FCFA ;
• Officiers (tous grades confondus) : 2 500 FCFA ;
• Inspecteurs : 2 000 FCFA ;
• Gardiens de la paix : 1 500 FCFA.
À titre de comparaison, à la gendarmerie, tous les subalternes ont reçu 10 000 FCFA par jour, tandis que les officiers percevaient une prime alimentaire de 20 000 FCFA par jour », a-t-il confié.
C’est cette disparité qui est à l’origine d'énormes frustrations et qui a suscité le courroux des policiers. Ces derniers auraient échafaudé un plan pour faire entendre leur voix, unanimes à l'idée de descendre dans la rue, au péril de leur vie et de leur carrière. Finalement, faisant preuve de retenue — avec pour argument de poids la visite prochaine du Pape au Cameroun — ils se sont ressaisis.









