Actualités of Wednesday, 1 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Paul Biya débarque: Les coulisses d'un congrès organisé à marche forcée, les trois jours qui pourraient tout changer

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Trois jours. C'est le temps dont disposeront les 360 parlementaires camerounais — députés et sénateurs confondus — pour examiner, débattre et adopter un projet de révision constitutionnelle aux implications potentiellement historiques. Un calendrier resserré qui, selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, suscite déjà des interrogations au sein même de la classe politique.


Tout a commencé dans la discrétion. C'est le président de l'Assemblée nationale, Théodore Datouo, qui a lancé les convocations pour la session extraordinaire du 2 avril, un communiqué officiel devant être rendu public seulement dans la journée du 1er avril — soit la veille de l'ouverture du congrès. Un délai particulièrement court pour un événement constitutionnel d'une telle envergure, que Jeune Afrique a été le premier média à révéler dans ses grandes lignes.
Cette précipitation interpelle. Est-ce la volonté de limiter le temps de réaction de l'opposition ? Une contrainte du calendrier présidentiel ? Ou simplement le style de gouvernance d'un pouvoir qui n'a jamais cultivé la transparence procédurale comme valeur cardinale ? Les réponses restent pour l'heure dans l'ombre.

Malgré ce contexte, la machine s'est mise en branle avec une précision d'horloger. Selon le programme exclusivement dévoilé par Jeune Afrique, le congrès s'articulera en quatre temps distincts. La séance solennelle d'ouverture se tiendra ce 2 avril à 10 heures au Palais des verres de Ngoa Ekelle, à Yaoundé. Elle sera suivie de la conférence des présidents de groupe, puis des travaux au sein d'une commission spéciale de 30 membres — 15 issus de l'Assemblée nationale, 15 du Sénat — chargée d'examiner le texte article par article. La séance plénière d'adoption est, elle, programmée pour le dimanche 5 avril à 16 heures, toujours au même lieu.

Ce dispositif, bien que conforme aux usages parlementaires, laisse peu de marge à l'improvisation. Et c'est précisément ce qui inquiète une partie de l'opposition.


Car les esprits ont encore en mémoire la séance houleuse du 31 mars dernier. Ce jour-là, l'examen du texte portant modification du code électoral — devant consacrer la prorogation du mandat des conseillers municipaux — avait tourné court. Jeune Afrique rapporte que plusieurs députés ont accusé le gouvernement de vouloir s'arroger, via cette loi, une mainmise excessive sur le calendrier électoral du pays. Amendements refusés, tensions verbales, séance finalement suspendue sans date de reprise : le signal d'alarme a retenti.
Si le même texte — ou des dispositions similaires — devait resurface lors du congrès, les ingrédients d'un nouveau bras de fer seraient réunis. D'autant que la question de la vice-présidence, dont Jeune Afrique a été le premier à révéler l'inscription probable à l'ordre du jour, est une thématique qui divise profondément, y compris au sein de la majorité présidentielle.
Quel Cameroun après le 5 avril ?

Au-delà des joutes procédurales, c'est bien la question de l'avenir
institutionnel du Cameroun qui se posera à l'issue de ce congrès. L'adoption d'une vice-présidence, couplée à de nouvelles règles sur les mandats électifs, redessinera durablement les contours du pouvoir dans ce pays d'Afrique centrale. Une chose est certaine : lorsque la séance de clôture sonnera au Palais des verres le 5 avril à 16 heures, le Cameroun ne sera peut-être plus tout à fait le même.