Actualités of Wednesday, 1 April 2026

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL: Paul Biya débarque devant le l'Assemblée nationale et le Sénat ce 2 avril après le renvoie de Cavaye et Niat, tremblement de terre politique

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Ce n'est pas un simple réajustement technique de la loi fondamentale. Derrière la convocation du Parlement camerounais en congrès ce jeudi 2 avril se cache peut-être le tournant institutionnel le plus décisif depuis des décennies. C'est en tout cas ce que laissent entrevoir les révélations exclusives de Jeune Afrique, qui a eu accès aux grandes lignes du projet de révision constitutionnelle initié par le président Paul Biya.

Depuis des années, le débat sur la création d'un poste de vice-président au Cameroun resurface périodiquement dans les cercles politiques de Yaoundé, sans jamais aboutir. Selon les informations exclusives de Jeune Afrique, ce sujet — longtemps qualifié de « serpent de mer » — figurerait bel et bien dans le texte soumis au congrès. Si cette disposition venait à être adoptée, elle constituerait une révolution dans l'architecture institutionnelle d'un pays habitué à concentrer tous les pouvoirs exécutifs entre les mains d'un seul homme.

La question qui s'impose alors avec une acuité particulière est celle-ci : à qui serait destiné ce poste ? Dans un pays où Paul Biya, 92 ans, règne depuis 1982, l'introduction d'une vice-présidence ne peut être lue autrement qu'à travers le prisme de la succession. Plusieurs noms circulent dans les antichambres du pouvoir, mais aucune source officielle ne s'est encore prononcée.

Le projet de révision ne s'arrête pas là. Jeune Afrique révèle également que le texte contiendrait de nouvelles dispositions relatives à la durée et aux modalités des mandats des députés et conseillers municipaux, récemment prorogés. Une décision qui, déjà lors de l'examen du code électoral le 31 mars dernier, avait mis le feu aux poudres à l'Assemblée nationale.
Ce jour-là, selon le même journal, des députés de l'opposition ont dénoncé haut et fort un texte qui, selon eux, confère au président Biya un pouvoir excessif sur la maîtrise du calendrier électoral. La séance avait tourné à l'affrontement verbal avant d'être reportée sine die — un précédent qui augure de débats potentiellement explosifs lors du congrès.

Sur le plan arithmétique, l'issue du vote ne fait guère de doute. Comme le rappelle Jeune Afrique, l'article 63 de la Constitution prévoit que la révision est adoptée à la majorité des deux tiers des membres du Parlement réuni en congrès. Or le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti au pouvoir, dispose d'une large majorité dans les deux chambres.

Mais une adoption mécanique n'est pas synonyme d'un débat éteint. L'opposition entend faire entendre sa voix, exigeant que ses amendements soient intégrés au texte final. Avec des travaux en commission spéciale de 30 membres — 15 par chambre — prévus dès le 2 avril et une séance plénière d'adoption programmée le dimanche 5 avril à 16 heures, le calendrier est serré. Trop serré, estiment certains élus, pour un texte d'une telle portée historique.