Actualités of Thursday, 12 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Assassinat de Zogo : le film de l'audience spectaculaire tenue hier au tribunal avec les suspects

Audience au tribunal Audience au tribunal

Beaucoup de mensonges sont dits dans l’affaire Martinez Zogo à tel point qu’il est devenu difficile de démêler le vrai du faux. L’homme de média Arsène Mbani Salomon Zogo a été tué, par des personnes de pouvoir. Le procès se poursuit, avec des personnalités comme Léopold Maxime Eko Eko, Justin Danwe, Jean-Pierre Amougou Belinga, etc. aux mains de la justice. S’agissant de Maxime Eko Eko, ses mensonges volent en éclats, avance un confrère qui détaille tout. Notre rédaction relaie ses propos.

L’affaire Martinez Zogo est loin d’avoir livré tous ses secrets. Tandis que Maxime Eko Eko, l’ex-patron de la DGRE, multiplie les manœuvres pour se dédouaner de cet assassinat odieux, tentant notamment de corrompre certains de ses anciens collaborateurs, des journalistes et des lanceurs d’alerte, les preuves présentées lors de l’audience d’hier l’ont littéralement mis au pied du mur. Ces nouveaux éléments confirment l'implication directe de l’ancien chef du renseignement dans le meurtre tragique du chef de chaîne d’Amplitude FM.

Depuis l’ouverture du procès, Eko Eko clamait son innocence, jurant n’avoir jamais été informé de l’opération de capture du journaliste. Pourtant, Justin Danwe, l’ex-agent de la DGRE et coordonnateur de l’opération, a toujours maintenu que les ordres émanaient directement de son patron et que plusieurs réunions préparatoires s’étaient tenues dans le bureau de ce dernier.

Lors de l'enquête préliminaire, les enquêteurs s’étaient rendus à la DGRE pour exploiter les images de vidéosurveillance. À leur grande surprise, les serveurs étaient vides. Eko Eko et ses subalternes avaient alors prétexté une défaillance technique du matériel.

Le coup de théâtre est survenu lors de l’audience du 10 mars 2026. L’avocat de la DGRE, Me Claude Assira, a apporté la preuve formelle que c’est Eko Eko lui-même qui, depuis sa cellule de garde à vue, a orchestré l’effacement des fichiers pour effacer toute trace de son rôle dans le crime.

La preuve irréfutable : Me Assira a présenté une correspondance entre le 28ème témoin, l’ingénieur informaticien Bodo Alain Dina et le Lieutenant Bouchara, chauffeur personnel d’Eko Eko, qui servait d’intermédiaire pour transmettre les instructions de destruction de preuves.

Pris au piège, Bodo Alain Dina, qui avait d’abord nié toute implication et prétendu ne pas connaître le chauffeur, est resté sans voix, tel un malfaiteur pris la main dans le sac. Plus troublant encore, après une suspension de séance, le témoin a été aperçu suivant le commissaire du gouvernement, Cerlin Belinga, dans son bureau, comme pour recevoir de nouvelles directives. À son retour, il s’est muré dans un silence total.

Il faut souligner que Bodo Alain Dina avait récemment été entendu et cuisiné au Secrétariat d’État à la défense (SED) pendant quatre mois et a reconnu dans les procès-verbaux d’audition, qu’en tant qu’ingénieur informaticien en service à la DGRE, il avait effectivement effacé les fichiers de vidéosurveillance à la demande de Maxime Eko Eko. Mais contre toute attente, le même commissaire du gouvernement l’a libéré. Me Assira a également présenté ce procès-verbal hier en audience.

L’audience a été marquée par la fureur de Cerlin Belinga. Le commissaire du gouvernement s’est opposé avec véhémence à l’admission de cette pièce à conviction, une réaction qui interroge sur sa volonté de protéger l’accusé. Pourquoi une telle colère ? Pourquoi ce même Cerlin Belinga a libéré Bruno Bidjang, également cité et impliqué dans l'affaire ? Pourquoi avoir relâché Bodo Alain Dina alors que ce dernier avait avoué, lors d'un interrogatoire de quatre mois au SED, avoir effacé les vidéos sur ordre d'Eko Eko ?

Prochaine étape : les 30 et 31 mars 2026. L’audience a été suspendue et renvoyée au 30 et 31 mars 2026, à la demande de Me Claude Assira. Ce dernier devra alors produire l'original du procès-verbal (n° 000054/2/N°47/ 15.1.2024) concernant l'enquête pour atteinte à la sûreté de l'État et destruction de preuves visant Bodo Alain. L’étau se resserre irrémédiablement autour de ceux qui pensaient pouvoir faire disparaître la vérité.