Actualités of Monday, 9 February 2026

Source: www.camerounweb.com

NOSO: c'est l'hécatombe, plusieurs mort après une violente attaque

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Des hommes armés ont ouvert le feu sur des habitants dans la nuit de dimanche à lundi à Ndu, dans une zone déjà frappée par la violence il y a quelques semaines


La subdivision de Ndu, dans la région du Nord-Ouest, a été le théâtre d'un nouveau drame sécuritaire dans la nuit du dimanche à lundi. Au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d'une attaque armée survenue à Ntumbaw, selon des sources locales concordantes. Ce nouvel épisode de violence vient s'ajouter à la longue liste des atrocités qui endeuillent cette région en proie au conflit anglophone depuis plusieurs années.

D'après les témoignages recueillis sur place, des hommes armés ont fait irruption dans un domicile en pleine nuit, ouvrant le feu sur les habitants avant de prendre la fuite. L'assaut, d'une rare violence, a fait au moins quatre morts et plusieurs blessés, dont l'état n'a pas été précisé par les sources locales.

Les circonstances exactes de l'attaque restent encore floues à l'heure actuelle. On ignore notamment l'identité des assaillants, leurs motivations précises, ainsi que le nombre exact de personnes présentes dans le domicile au moment des faits. L'identité des victimes n'a pas non plus été communiquée officiellement.
Ce qui est certain, c'est que cette attaque a plongé la communauté de Ntumbaw dans la stupeur et la peur. Dans une région où les violences sont devenues malheureusement courantes, chaque nouvel incident ravive le traumatisme et l'angoisse des populations civiles qui vivent sous la menace permanente.

Ntumbaw n'en est pas à son premier drame. Cette localité englobe notamment le quartier Ngarbuh et se situe à proximité immédiate de Gidado, une zone frontalière entre Ndu et Ntumbaw qui avait déjà été le théâtre d'un précédent épisode sanglant.

Il y a quelques semaines seulement, quatorze personnes avaient perdu la vie lors d'une autre attaque dans cette même zone. Ce bilan particulièrement lourd avait déjà suscité l'émoi et l'indignation, sans que des mesures concrètes de protection ne soient visiblement mises en place pour empêcher de nouvelles tragédies.

La répétition de ces attaques dans un périmètre géographique restreint soulève des questions légitimes sur la sécurisation de cette zone et la capacité des autorités à protéger les populations civiles.

Ce nouvel incident vient dramatiquement renforcer le climat d'insécurité qui prévaut dans la subdivision de Ndu et plus largement dans toute la région du Nord-Ouest. Entre attaques armées, banditisme et violences liées au conflit séparatiste, les populations locales vivent dans une peur constante, ne sachant jamais si elles verront le lendemain.

Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones du Cameroun, sont en proie à un conflit armé depuis 2016-2017, lorsque des revendications corporatistes d'avocats et d'enseignants se sont progressivement transformées en crise sécuritaire majeure avec l'émergence de groupes armés séparatistes.
Depuis lors, les violences n'ont cessé de s'intensifier, faisant des milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés dans les pays voisins. Les populations civiles sont prises en étau entre les groupes armés séparatistes, les forces de sécurité gouvernementales, et parfois des bandes criminelles qui profitent du chaos ambiant pour se livrer au banditisme.

Face à cette situation, les populations locales de Ndu et de ses environs continuent de vivre sous la menace permanente, dans l'attente de mesures concrètes pour renforcer leur protection. Jusqu'à présent, les appels au secours lancés par les habitants de ces zones n'ont pas trouvé de réponse satisfaisante.
Les communautés se sentent abandonnées, livrées à elles-mêmes dans un contexte où la violence peut frapper à tout moment. La nuit, moment privilégié pour ces attaques, devient synonyme d'angoisse pour des familles qui ne savent plus où trouver refuge.

Plusieurs interrogations demeurent à la suite de cette nouvelle attaque :
Qui sont les auteurs ? S'agit-il de groupes armés séparatistes, de forces de sécurité, ou de bandes criminelles ? L'absence d'information précise alimente les spéculations et la méfiance.

Quelles étaient les motivations ? S'agissait-il d'une attaque ciblée ou indiscriminée ? Les victimes avaient-elles été préalablement identifiées par les assaillants ?

Pourquoi cette zone est-elle particulièrement touchée ? La répétition des attaques dans le secteur de Ntumbaw-Gidado suggère une vulnérabilité particulière de cette zone. Qu'est-ce qui explique cette concentration de violences ?

Quelle réponse des autorités ? À l'heure actuelle, aucune réaction officielle des autorités administratives ou militaires n'a été rapportée concernant cette nouvelle attaque.


Cette attaque de Ntumbaw s'inscrit dans le contexte plus large du conflit anglophone qui ravage les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis plusieurs années. Le bilan humain de ce conflit est difficile à établir avec précision, mais il se compte en milliers de morts.

Au-delà des pertes en vies humaines, c'est tout le tissu social de ces régions qui a été déchiré. Des villages entiers ont été désertés, des écoles fermées, des centres de santé abandonnés. L'économie locale s'est effondrée, privant les populations de leurs moyens de subsistance.

Les organisations humanitaires tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur la situation catastrophique dans ces régions, où l'accès aux services de base (santé, éducation, alimentation) devient de plus en plus difficile pour des populations déjà éprouvées par des années de violence.

Si les violences continuent de faire rage sur le terrain, de nombreux observateurs et acteurs de la société civile appellent à une solution politique au conflit. Le dialogue, plusieurs fois tenté sans succès durable, reste selon beaucoup la seule issue possible à cette crise.

Mais tant que les armes n'auront pas définitivement baissé, tant que la confiance n'aura pas été rétablie entre les différentes parties, ce sont les populations civiles qui continueront de payer le prix fort de ce conflit, comme en témoigne tragiquement cette nouvelle attaque de Ntumbaw.

Au-delà des statistiques et des analyses, il y a d'abord des familles endeuillées, des vies fauchées, des destins brisés. Quatre personnes au moins ne verront plus le soleil se lever. Leurs proches devront porter à jamais le poids de ce drame, dans une région où la mort violente est devenue une funeste banalité.

Les blessés, dont on ne connaît pas le nombre exact ni l'état, devront quant à eux se reconstruire physiquement et psychologiquement, s'ils en ont les moyens dans une région où les structures de santé fonctionnent au ralenti.
Quant aux témoins et aux survivants, ils devront vivre avec le traumatisme de cette nuit de terreur, sachant qu'une nouvelle attaque peut survenir à tout moment.

Que réserve l'avenir pour les populations de Ndu et de ses environs ? Dans l'immédiat, la peur et l'insécurité continueront probablement de dominer le quotidien. À moins que des mesures exceptionnelles de sécurisation ne soient prises, rien ne garantit que d'autres attaques ne surviendront pas dans les jours ou les semaines à venir.

Sur le long terme, seule une résolution durable du conflit anglophone pourra permettre à ces populations de retrouver la paix et la sécurité. Mais cette perspective semble encore lointaine, tant les positions des différentes parties restent éloignées.

En attendant, les habitants de Ntumbaw, comme ceux de nombreuses autres localités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, continueront de vivre au jour le jour, dans l'espoir que la violence finira par céder la place à la paix, et que les armes se tairont enfin pour laisser place au dialogue et à la reconstruction.


Depuis 2016-2017, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre d'un conflit armé opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes qui réclament l'indépendance de ce qu'ils appellent "l'Ambazonie". Ce qui a commencé comme des revendications corporatistes d'avocats et d'enseignants s'est transformé en une crise sécuritaire majeure qui a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.