Actualités of Thursday, 22 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Alice Nkom: la porte-parole qui durcit le ton de Tchiroma face à Biya

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Depuis qu'elle a pris la parole au nom d'Issa Tchiroma Bakary, l'avocate Alice Nkom impose une ligne de rupture totale avec le régime. Révélations sur la stratégie de communication qui transforme le leader du FSNC en opposant radical et intransigeant.

Dans la guerre de communication que se livrent le régime Biya et Issa Tchiroma Bakary, une voix domine désormais : celle de Me Alice Nkom. L'avocate, nommée porte-parole du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), impose depuis plusieurs semaines une ligne intransigeante qui ne laisse aucune place à la négociation. Une stratégie révélée par Jeune Afrique dans son édition du 22 janvier.


Selon les informations exclusives de Jeune Afrique, c'est Alice Nkom qui a rédigé et diffusé le 15 janvier le communiqué opposant un démenti « formel, total et sans équivoque » aux informations évoquant des discussions entre Tchiroma et le régime. Un texte au ton radical, qui tranche avec la diplomatie habituelle des communiqués politiques camerounais.

Jeune Afrique rapporte que dans ce document, la porte-parole affirme qu'« aucun accord ne peut être envisagé sans une reconnaissance préalable » de la victoire de Tchiroma lors de la présidentielle du 12 octobre 2025. Une position maximaliste qui ferme la porte à toute forme de compromis.

Les révélations de Jeune Afrique montrent que le discours de Tchiroma s'est considérablement durci depuis la fin du scrutin présidentiel. Alors que certains observateurs s'attendaient à une posture protestataire mais négociable, le leader du FSNC a choisi la voie de la confrontation totale.

« Aujourd'hui, le choix est simple : pour le peuple ou contre le peuple », aurait déclaré Tchiroma dans le communiqué rapporté par Jeune Afrique. Un vocabulaire binaire qui ne laisse aucune place à la nuance et qui s'inscrit dans une logique de rupture définitive avec l'ancien régime.

Jeune Afrique révèle également une information de taille : Tchiroma a annoncé que le FSNC ne participera pas aux prochaines élections législatives et municipales. Une décision qui marque un tournant dans la stratégie de l'opposition camerounaise, habituellement prompte à saisir toutes les occasions de présence institutionnelle.

Selon Jeune Afrique, cette position s'inscrit dans une logique de délégitimation totale du système électoral camerounais. En refusant de participer aux scrutins locaux, Tchiroma entend démontrer que seule la reconnaissance de sa victoire présidentielle peut rétablir la légitimité des institutions.
« Nous préparons un miracle pour le Cameroun »

Jeune Afrique rapporte enfin des propos tenus par Tchiroma lors d'une réunion en ligne le 17 janvier : « Nous préparons un miracle pour le Cameroun. » Une formule énigmatique qui laisse planer le doute sur les intentions réelles du leader du FSNC.

S'agit-il d'une mobilisation populaire de grande ampleur ? D'une initiative diplomatique internationale ? Ou d'une simple formule destinée à maintenir la mobilisation de ses partisans ? Jeune Afrique note que l'opposant reste volontairement vague sur la nature de ce « miracle », cultivant le mystère pour maintenir la pression sur le régime.

Pour Jeune Afrique, cette stratégie de radicalisation portée par Alice Nkom comporte des risques majeurs. En refusant toute négociation et en boycottant les institutions, le FSNC s'expose à une marginalisation progressive et à une répression potentielle du régime.

Mais elle permet aussi à Tchiroma de maintenir une posture d'opposant intransigeant, à rebours des figures politiques camerounaises qui ont souvent fini par composer avec le pouvoir en place. Un pari dont l'issue déterminera l'avenir de l'opposition au Cameroun.