Actualités of Thursday, 22 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Yokadouma : quand l'école devient du business

À Yokadouma, au lycée technique, l'école est devenue un business. C'est ce que dénonce un correspondant cité par le lanceur d'alerte Boris Bertolt que la rédaction de CamerounWeb cite à son tour.

Des élèves chassés des salles de classe après un mois de cours, un recrutement monnayé à 20 000 francs CFA minimum : le système éducatif craque à l'Est.

La rentrée scolaire avait pourtant bien commencé. Pendant un mois, les élèves du lycée technique de Yokadouma ont suivi les cours normalement, cahiers à la main, en attendant de régulariser leurs frais de scolarité comme chaque année.

Coup de théâtre début de cette semaine : plusieurs dizaines d'élèves ont été mis à la porte, en pleine composition, pour non-paiement des frais exigibles. Une décision brutale qui choque les parents.

« Mon fils est en 2nde F3, il a fait un mois de cours. On nous a dit de payer un peu plus tard. Maintenant on le renvoie comme un chien. Où est l'éducation dans ça ? », s'indigne un parent joint au téléphone.

Une place à prix d'or

Au-delà des frais officiels, c'est le mode de recrutement qui est dénoncé.
Selon plusieurs parents, enseignants et anciens élèves qui ont requis l'anonymat par peur de représailles, obtenir une place au Lycée Technique de Yokadouma relèverait désormais d'un véritable parcours du combattant financier.

Le tarif serait bien connu dans la ville : 20 000 francs CFA minimum pour un élève du premier cycle (de la 1ere en 3ème année) pour espérer avoir une place. Bien plus pour le second cycle (Seconde, Première, Terminale), le montant variant selon la filière, les plus demandées étant les plus chères.

Sans ce "droit d'entrée" officieux, pas d'inscription, même avec un dossier complet.
Même les enseignants paieraient. Le plus grave : la pratique ne concernerait pas que les élèves. Selon nos sources concordantes, même des collègues enseignants mutés ou affectés dans l'établissement devraient se soumettre à cette même règle. Des frais d'APEE énormes estimés à environ 21 000 francs par élève.

Une forme de corruption interne qui, si elle est avérée, transforme un établissement public en entreprise privée. Contactée, l'administration de l'établissement n'a pas souhaité répondre à nos questions pour l'instant.

Les parents interpellent la Délégation Départementale des enseignements secondaires pour la Boumba-et-Ngoko, la délégation régionale de l'Est et le ministère des Enseignements secondaires. Ils demandent une mission de contrôle urgente pour vérifier la gestion des frais d'APEE et les conditions de recrutement.

Au lycée technique de Yokadouma, ce ne sont plus les notes qui donnent accès à l'éducation, mais le portemonnaie.