La chaine nationale a brillé par sa médiocrité légendaire en ce premier jour de la visite du Pape Léon XIV au Cameroun ; De la couverture télévisée du cortège papal par la CRTV, jugée techniquement insuffisante et peu professionnelle ; aux images diffusées, instables et de mauvaise qualité, en passant par la coupure momentanée du discours du souverain pontife, tout a été mis en œuvre pour exhiber le manque de moyens ou d’organisation de la télévision t’État, qui se trouve aujourd’hui en décalage avec les standards modernes de production audiovisuelle.
Malgré l’engagement du cameraman, salué pour ses efforts, l’ensemble de la prestation est perçu comme une défaillance majeure, ayant terni l’image du Cameroun lors d’un événement d’envergure.
VISITE DU PAPE : LE NAUFRAGE VISUEL DE LA CRTV
Alors que des millions de Camerounais avaient les yeux rivés sur leur écran pour suivre le cortège papal le long de l'itinéraire Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen jusqu’au Palais de l’Unité, la CRTV a offert aux téléspectateurs une prestation qui interroge, et surtout qui révèle les limites de notre télévision nationale.
Loin de la solennité attendue, le téléspectateur s’est retrouvé à “subir” une captation des images instables, floues, parfois interrompues. Une seule caméra embarquée dans le cortège, une autre perchée de manière précaire sur un arbre à Nsimalen, et un caméraman agrippé au toit d’un véhicule… la mise en scène donne davantage l’impression d’un bricolage que d’une production nationale digne d’un tel événement.
Ce qui choque davantage, ce n’est pas seulement la faiblesse technique, mais le décalage flagrant avec les moyens supposés de la CRTV. À l’heure où les standards de diffusion intègrent drones, plans aériens stabilisés, régies mobiles sophistiquées et réalisation multi-caméras, comment expliquer une telle pauvreté visuelle ? Comment comprendre qu’un moment aussi attendu, aussi préparé, ait été couvert avec si peu d’exigence ?
Cela dit, il serait injuste de ne pas saluer l’engagement du cameraman, qui, tant bien que mal, a tenté de sauver l’essentiel. Debout sur un véhicule pendant près d’une heure, sous un soleil accablant, il a incarné à lui seul une forme de résilience et de dévouement. Mais son courage, aussi admirable soit-il, ne peut masquer les insuffisances observées. Car à ce niveau d’exposition, l’improvisation n’est plus permise : elle devient une faute, et cette fois, elle a donné au monde une image peu reluisante du Cameroun.
Régis Belinga









