Invité de l'émission Le Grand Oral sur A1, Timothée Essomba a livré une analyse juridique sans concession du conflit entre Vision 4 et le Conseil national de la communication (CNC). Selon lui, la chaîne aurait dû privilégier le recours gracieux plutôt que la défiance, et le ministre de la Communication aurait commis une erreur en s'adressant directement à Canal+.
C'est une analyse qui tranche avec les soutiens exprimés à Vision 4. Invité de l'émission Le Grand Oral sur A1, Timothée Essomba a critiqué la stratégie adoptée par la chaîne du groupe L'Anecdote dans son bras de fer avec le Conseil national de la communication.
« Vaut mieux un mauvais arrangement qu'un bon procès »
« Les décisions du CNC sont des actes administratifs susceptibles de recours en interne par le mécanisme du recours gracieux », a-t-il rappelé. Pour lui, la chaîne aurait dû opter pour cette voie avant de contester la décision devant les tribunaux ou de chercher un appui politique. « Vaut mieux un mauvais arrangement qu'un bon procès », a-t-il ajouté.
Selon Timothée Essomba, Vision 4 aurait pu saisir le CNC pour solliciter sa compréhension au regard des enjeux politiques et autres. « Le CNC aurait donc eu l'élément matériel pour restatuer avec la possibilité soit de réviser la décision, soit de la réformer, soit même de se rétracter. Il en a le droit. »
« L'acte de défiance est posé par Vision 4 »
Mais au lieu de cela, la chaîne a choisi la confrontation. « Sauf que la défiance républicaine a fait que la partie s'estimant lésée n'a pas opté pour le recours interne. L'acte de défiance est posé par Vision 4 », a-t-il affirmé.
Il pointe notamment la médiatisation de la démarche de la chaîne auprès du ministre de la Communication. « La défiance est tellement flagrante et tellement moche qu'au lieu de saisir par recours même le MINCOM ou de saisir le CNC, ils ont sollicité une audience, médiatisée en plus, auprès du ministre de la Communication. Donc du point de vue de l'interprétation, c'était une demande d'intervention. »
Le ministre de la Communication épinglé
Timothée Essomba ne s'arrête pas là. Il critique également l'attitude du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. « Mais le ministre de la Communication aussi, c'est comme s'il s'est laissé emballer par l'euphorie de défiance au point d'écrire directement à Canal+. Oubliant qu'il a le droit de saisir le CNC et il a le droit de saisir le Premier ministre. »
Pour lui, le ministre aurait dû utiliser les voies hiérarchiques et administratives à sa disposition, plutôt que d'intervenir directement auprès de Canal+ pour demander la reprise de la diffusion de Vision 4.
Cette analyse de Timothée Essomba met en lumière les tensions entre le droit administratif et la pratique politique. Elle rappelle que les décisions du CNC, comme tout acte administratif, sont susceptibles de recours. Mais elle souligne aussi que la défiance ouverte, la médiatisation et l'appel direct au politique peuvent compliquer la résolution d'un conflit.









