Au-delà de la mise en cause de Martin Savom, Jeune Afrique rapporte que le témoin a aussi visé le secrétaire d’État à la Défense, Galax Yves Landry Etoga, et évoqué un acharnement contre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga.
Un ancien enquêteur écarté ? Selon le magazine, le lieutenant-colonel affirme que, dans son compte rendu adressé à Galax Yves Landry Etoga, il avait proposé de saisir les opérateurs de téléphonie pour mieux cerner le donneur d’ordre. C’est à cette étape qu’il aurait été débarqué de la commission d’enquête, avec ordre de ne pas communiquer ces pistes aux autres membres. Jeune Afrique rapporte ces faits au conditionnel, sans les avoir vérifiés.
Les accusations contre Landry Etoga. Jeune Afrique indique que le témoin a été « véhément » envers ses collègues gendarmes de la commission, mais aussi envers le secrétaire d’État. Il l’accuse d’avoir « profité de l’affaire Martinez Zogo pour régler ses comptes à ses adversaires ». Il en veut pour preuve que celui-ci, « véritable directeur de l’enquête », s’est opposé à l’audition de certaines personnes interpellées et lui a transmis une liste de personnes à interpeller dans le cadre de « malversations financières », essentiellement des proches de Jean-Pierre Amougou Belinga. Le magazine ne rapporte aucune réaction de Galax Yves Landry Etoga à ces propos.
La thèse de la manipulation. Jeune Afrique rappelle qu’Amougou Belinga, détenu à Kondengui, est soupçonné d’avoir été l’un des commanditaires de l’enlèvement et le donneur d’ordre de Justin Danwe, officier de la DGRE qui a reconnu avoir dirigé le commando. Malgré les nombreux échanges évoqués par les enquêteurs entre les deux accusés, l’homme d’affaires nie cette version, et ses avocats défendent la thèse d’une manipulation d’ordre politique. Selon le magazine, Léopold Maxime Eko Eko, ex-patron de la DGRE également détenu, soutient la même hypothèse. Ils sont tous présumés innocents.
« Un remaniement ministériel ». Jeune Afrique cite la formule du témoin à la barre : « C’était une enquête destinée à provoquer un remaniement ministériel. » Le magazine précise qu’elle donne du crédit à cette lecture, qui complète la théorie du double commando et l’idée de commanditaires multiples.
Les réactions des avocats. Quel effet cette sortie aura-t-elle sur le procès ? Me Calvin Job, avocat de la partie civile, estime à Jeune Afrique que « ce n’est pas le grand chamboulement annoncé » : le témoin a « juste corroboré ce que nous pensons depuis le départ ». Me Jacques Mbuny, avocat de Justin Danwe, parle de « révélations sur ce qui s’est passé pendant l’enquête » et d’un témoin qui prend « le contre-pied total » de ce qu’on avait jusque-là, notamment sur le lieu de l’assassinat. Me Marius Nanga Evom juge qu’il y a « beaucoup de sensationnel ». L’audience a été renvoyée aux 16 et 17 novembre, d’après Jeune Afrique.









