Les déclarations de Nathalie Moudiki, qui menace de sanctionner les employés de la SNH critiquant son mari ou le président Paul Biya, ont suscité une vive polémique. Elles relancent le débat sur la gouvernance de la Société nationale des hydrocarbures et ravivent les critiques contre l'absence prolongée de son époux Adolphe Moudiki, qui serait inapte à diriger la compagnie. Plusieurs observateurs rappellent que Ferdinand Ngoh Ngoh, président du conseil d'administration de la SNH, avait déjà tenté de mettre fin à cette situation, en vain.
Lors d'un événement officiel en présence des employés de la SNH, Nathalie Moudiki a prévenu qu'elle sanctionnerait toute personne qui s'en prendrait encore à son mari, le directeur général de la SNH, ou au président Paul Biya. Selon elle, ces deux figures sont des « icônes » et des « monuments » que le patriotisme impose de protéger.
Cette déclaration a provoqué une onde de choc, d'autant que Nathalie Moudiki cumule plusieurs fonctions au sein de la SNH : directrice des Affaires juridiques, conseillère technique, et présidente du conseil d'administration de CSTAR. En l'absence de son mari, elle est devenue l'administratrice directrice générale de facto de la compagnie pétrolière nationale.
Ngoh Ngoh avait raison
La sortie de Nathalie Moudiki relance le débat sur la gouvernance de la SNH. Plusieurs observateurs rappellent que Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence et président du conseil d'administration de la SNH, avait déjà tenté de remplacer Adolphe Moudiki, qui aurait passé plus de 33 ans à la tête de la compagnie et serait aujourd'hui dans l'incapacité de la diriger.
À l'époque, les critiques avaient moqué cette tentative, allant même jusqu'à bloquer l'entrée de la SNH pour empêcher la tenue du conseil d'administration. « C'est toujours vous qui vous êtes moqué de lui pourtant son action était salutaire », souligne un observateur.
La situation actuelle suscite de vives inquiétudes. Nathalie Moudiki s'est accaparé un poste « sur la base d'aucun texte, et sur aucune base objective, simplement parce qu'elle est l'épouse du directeur général ». Elle va jusqu'à menacer les employés de la SNH qui oseraient critiquer son mari ou le président de la République.
« Si les feu Cavayé ou Niat avaient été remplacés, pourquoi Moudiki ne peut pas être remplacé ? » s'interroge un observateur. « Il ne faut pas qu'on traîne la République par terre avec ce genre de chose où une femme s'accapare d'un poste par le lien du mariage. »
L'absence prolongée d'Adolphe Moudiki et la prise de pouvoir de son épouse interviennent dans un contexte marqué par les révélations sur les pots-de-vin versés par Glencore à des agents de la SNH. Le 30 mai 2022, M. Moudiki avait déclaré publiquement que la SNH « n'a absolument rien à voir » avec les pratiques ultérieurement reconnues dans le plaidoyer de culpabilité de Glencore. Le Serious Fraud Office britannique a pourtant confirmé des versements de 10 532 712 euros à des agents de la SNH et de la SONARA entre mars 2012 et mars 2015.
Dans sa lettre ouverte du 12 juillet 2026, l'ancien bâtonnier Akere T. Muna a interrogé Nathalie Moudiki sur ces révélations, sur l'autorité qu'elle exerce, sur les 215 millions de dollars engagés dans le projet CSTAR, et sur les données de tarification modifiées.









