Actualités of Tuesday, 20 January 2026
Source: www.camerounweb.com
Révélation exclusive de Jeune Afrique : Le Premier ministre Joseph Dion Ngute n'a toujours pas eu d'audience avec le président Paul Biya depuis le début de l'année, alimentant les spéculations sur son avenir.
Par notre rédaction
Le silence peut parfois être plus éloquent que les mots. Selon une révélation exclusive de Jeune Afrique publiée ce dimanche, le Premier ministre camerounais Joseph Dion Ngute n'a pas encore été reçu en audience par le président Paul Biya depuis le début de l'année 2026. Une situation inhabituelle qui alimente toutes les supputations sur l'avenir du chef du gouvernement.
Pourtant, comme le rapporte Jeune Afrique dans son enquête, le locataire de la primature affichait un "large sourire" lors de la cérémonie des vœux du 13 janvier dernier. Une sérénité apparente qui intrigue dans les cercles du pouvoir à Yaoundé. L'explication pourrait résider dans sa fine connaissance des arcanes du palais d'Etoudi, lui qui a servi comme ministre chargé de mission à la présidence entre 2018 et 2019.
Selon les informations exclusives obtenues par Jeune Afrique, le diplomate de formation s'appuie sur une tradition bien établie du pouvoir camerounais : Paul Biya a toujours pris soin d'annoncer personnellement à ses Premiers ministres s'il envisageait de mettre fin à leur collaboration. Une courtoisie destinée à leur épargner l'humiliation d'apprendre leur limogeage par des indiscrétions ou, pire encore, par la lecture d'un décret présidentiel dans les médias officiels.
Le silence présidentiel, stratégie ou indécision ?
Or, toujours selon Jeune Afrique, Paul Biya n'a "aucunement abordé la question d'un éventuel réaménagement gouvernemental" avec son Premier ministre. Faut-il y voir un signal positif pour Joseph Dion Ngute ? Rien n'est moins certain dans un système où le président est passé maître dans l'art de déjouer tous les pronostics.
Cette absence de communication directe intervient dans un contexte particulièrement délicat. Le pays fait face à un agenda politique chargé avec l'organisation de la conférence ministérielle de l'OMC fin mars, la visite du pape Léon XIV en avril, et les élections locales prévues en mai. Sans compter le nécessaire apaisement après les violences postélectorales d'octobre dernier.
Dans les cabinets ministériels, révèle encore Jeune Afrique, chacun s'emploie à "évacuer les dossiers les plus sensibles", comme si l'épée de Damoclès du remaniement pouvait tomber à tout moment. Les vendredis, jours traditionnels de publication des décrets présidentiels, sont devenus des moments de tension extrême pour l'exécutif camerounais.
La situation est d'autant plus préoccupante que Jeune Afrique révèle que six postes ministériels demeurent vacants en raison de décès et de démissions. Une paralysie partielle de l'appareil d'État qui ne peut se prolonger indéfiniment, surtout après une présidentielle qui a vu l'opposant Issa Tchiroma Bakary se déclarer vainqueur.
Paul Biya, que Jeune Afrique décrit comme le "maître des horloges", garde pour l'instant le silence. Un silence qui, à Yaoundé, vaut tous les discours.