Actualités of Wednesday, 14 October 2026
Source: www.camerounweb.com
L'ambiance était déjà lourde ce 13 octobre 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé, mais personne n'avait prédit ce séisme. Alors que le contre-interrogatoire technique du lieutenant-colonel Bialo s'achevait, un autre haut gradé, le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait, a fait irruption dans la salle d'audience. Tremblant de peur, il serait venu implorer la protection des juges avant de livrer ses « vérités ». Un incident inédit qui lève le voile sur la guerre de l'ombre qui fait rage au sommet de l'appareil sécuritaire camerounais.
C'est une scène rare, presque irréelle, qui s'est produite dans l'enceinte du Tribunal militaire de Yaoundé. Ce 13 octobre 2026, alors que les débats portaient sur les aspects les plus techniques du dossier Martinez Zogo, un officier supérieur de l'armée camerounaise a fait irruption dans la salle d'audience.
Un officier écarté pour avoir cherché la vérité
Le lieutenant-colonel Ayissi Nanga Parfait n'est pas un témoin ordinaire. Ancien membre de la commission d'enquête mixte, il en avait été brutalement écarté. Selon le récit rapporté par le politologue Moussa Njoya, il aurait été écarté après avoir adressé des réquisitions directes aux opérateurs de téléphonie mobile, afin d'établir l'origine de la coupure d'Internet survenue pendant l'opération impliquant des éléments de la DGRE.
L'officier cherchait alors à identifier l'autorité qui avait ordonné la coupure ciblée d'Internet sur les téléphones des membres du commando de la DGRE lors du crime. Une démarche qui, si elle est confirmée par les pièces du dossier, pourrait éclairer un aspect sensible des circonstances entourant l'enlèvement et la mort de Martinez Zogo.
Une irruption qui percute des audiences ultra-techniques
Cette apparition dramatique vient percuter les audiences des 12 et 13 octobre, jusqu'ici essentiellement techniques. Le tribunal examinait la déposition du lieutenant-colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires, basée sur le croisement de la vidéosurveillance de Yaoundé et du traçage GPS des téléphones. Alors que les avocats de la défense s'escrimaient à démonter la validité de ces preuves scientifiques, l'apparition paniquée d'Ayissi Nanga Parfait apporte une dimension humaine et politique que personne ne peut contester.
Cet incident jette une lumière crue sur les risques qui pèsent sur les acteurs de ce dossier politico-judiciaire majeur. Si un officier supérieur de l'armée camerounaise doit trembler et supplier un tribunal militaire de protéger sa vie pour pouvoir dire la vérité, la question de la sécurité des témoins et des magistrats reste entière.
Plus de trois ans après le martyre de Martinez Zogo, ce procès n'est plus seulement celui des 17 accusés dans le box : c'est le miroir des fractures et des secrets les plus sombres de l'État. Contactés, ni le Tribunal militaire ni les avocats des parties n'ont souhaité commenter cet incident. Une chose est certaine : ce 13 octobre 2026 restera comme le jour où la peur a fait irruption dans le prétoire.