Selon Paul Chouta, le colonel à la retraite Joël Émile Bamkoui, ancien patron de la Sécurité militaire (SEMIL), se serait enrichi pendant des années dans le pillage méthodique des ressources pétrolières du pays, sous le couvert de sa société YOFI OIL. Il l'accuse également d'être dans les petits papiers de Franck Biya, qui chercherait à le parachuter à la tête de la DGRE.
C'est une nouvelle accusation d'une rare gravité qui vise l'un des officiers les plus controversés du Cameroun. Selon Paul Chouta, le colonel à la retraite Joël Émile Bamkoui, ex-patron de la Sécurité militaire (SEMIL), se serait livré pendant des années à un pillage systématique des ressources pétrolières du pays, sous le couvert de sa société YOFI OIL (Yokofib Oil SARL).
Selon les informations rapportées, le « petit empire du siphonage » de Bamkoui s'étend bien au-delà de Yaoundé. Les stations-service et points de vente seraient implantés à Nkolbisson, Etam-Bafia et au centre-ville de la capitale, mais aussi à Édéa, Nanga-Eboko, Yoko, Nguila, Ntui, Makak, Colomine, Ngaoundéré Aéroport et Sikoum. Un maillage qui pousserait même jusqu'en République démocratique du Congo, le tout « savamment arrosé par des complices bien placés au sein de la SCDP ».
Résultat de ce système, selon Paul Chouta : « L'homme parade et se gargarise d'être milliardaire. » Une fortune qui, si elle était confirmée, serait sans rapport avec les revenus d'un officier à la retraite.
L'accusation la plus explosive concerne les ambitions prêtées à Bamkoui. Selon Paul Chouta, le colonel serait « dans les petits papiers de Franck Biya », lequel s'activerait en coulisses pour le parachuter à la tête de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE). « Confier les services secrets du pays à un criminel et voleur de carburant... À ce niveau-là, ce n'est plus de la mauvaise gestion, c'est carrément se foutre des Camerounais », s'indigne-t-il.
Cette sortie intervient dans un contexte de multiplication des accusations de détournement de carburant au sommet de l'État. L'affaire de la DGSN, qui a déjà conduit à l'interpellation d'une cinquantaine de policiers, a révélé l'existence de réseaux de siphonage des ressources pétrolières impliquant de hauts responsables.
Le nom de Bamkoui n'est pas inconnu dans les dossiers sensibles. En 2024, il avait été cité dans l'affaire Longue Longue, du nom de l'artiste camerounais victime de sévices. Il avait également été entendu dans l'affaire Fouda-Mbapou, dans le cadre des rivalités entre clans au sommet de l'appareil sécuritaire.









