Le président de la Fecafoot demande aux fédérations africaines de reconnaître l’apport du patron de la FIFA. Son plaidoyer est financier, sportif et profondément politique.
Samuel Eto’o n’a pas choisi la neutralité. Dans un entretien publié le 2 septembre, le président de la Fédération camerounaise de football a appelé les dirigeants africains à soutenir Gianni Infantino, estimant que le patron de la FIFA a accéléré le développement des fédérations du continent et élargi leur accès à la Coupe du monde.
L’argument le plus visible tient aux places. L’Afrique disposait de 5 billets en 2022. Elle en compte 9 directs pour le Mondial 2026, avec la possibilité d’un 10e qualifié par les barrages. Pour Eto’o, cet élargissement n’est pas un cadeau symbolique. Il modifie les ambitions des sélections et la valeur économique de leurs programmes.
Le soutien intervient pourtant dans un contexte de tensions entre la FIFA et l’UEFA sur la gouvernance et la répartition des ressources. Eto’o oppose à cette lecture européenne la réalité des fédérations africaines, souvent dépendantes des budgets publics et de l’aide internationale. La FIFA affirme que son programme Forward aura consacré 1,28 milliard de dollars à l’Afrique entre 2016 et fin 2026.
Cette proximité n’efface pas les questions de résultats. Les fédérations doivent encore montrer comment ces ressources améliorent les centres techniques, les compétitions locales, la formation des entraîneurs et le football féminin. Le Cameroun dispose depuis mai d’un nouveau siège fédéral, financé en partie par un dispositif de la FIFA. Il constitue un exemple concret de cette coopération.
En soutenant Infantino avant le congrès électif de mars 2027, Eto’o parle donc autant de développement que d’alliances. Son message place l’Afrique au cœur d’un débat mondial sur le pouvoir dans le football. La prochaine étape sera de prouver que l’influence revendiquée produit des terrains, des championnats crédibles et des carrières durables.









