Actualités of Thursday, 3 September 2026

Source: www.camerounweb.com

À Venise, une mère de Yaoundé attend ceux qui sont partis

L’actrice Josette Kwanya dans une scène de La Maison du vent, film camerounais présenté à Venise L’actrice Josette Kwanya dans une scène de La Maison du vent, film camerounais présenté à Venise

Une femme de 80 ans, une maison à Yaoundé et des enfants installés ailleurs. Auguste Bernard Kouemo Yanghu transforme une histoire de famille en miroir de la diaspora.


La présence camerounaise à la 83e Mostra de Venise ne repose ni sur le tapis rouge ni sur une démonstration de puissance. Elle tient dans une maison silencieuse de Yaoundé. La Maison du vent, premier long métrage d’Auguste Bernard Kouemo Yanghu, est présenté dans Orizzonti, la section dédiée aux nouvelles écritures du cinéma contemporain.


Le film suit Josette, 80 ans, qui vit seule après le départ de ses enfants vers l’Occident. Elle les encourage à construire au Cameroun dans l’espoir de provoquer leur retour. L’arrivée de Sarah, une jeune voisine, bouleverse cette stratégie familiale et les certitudes sur lesquelles la vieille dame a construit sa vie.


Cette intrigue touche une expérience familière à de nombreuses familles camerounaises. Les départs financent des études, des soins et des maisons, mais ils produisent aussi des chambres vides et des liens entretenus à distance. Le film choisit d’observer ce coût intime plutôt que de traiter la migration uniquement par les chiffres.


La production elle-même raconte une Afrique du cinéma connectée. Le projet réunit des partenaires du Cameroun, de France, de Belgique, du Bénin, d’Arabie saoudite et du Qatar. Tourné en français et en bafang, il dure 102 minutes. Sa première mondiale est programmée dans un festival qui sert souvent de tremplin à la circulation internationale des œuvres.


Kouemo Yanghu, né à Yaoundé en 1976 et passé par l’association Écrans Noirs, a construit sa trajectoire avec plusieurs courts métrages. À Venise, il franchit le seuil du long format sans abandonner son sujet central, les fractures invisibles laissées par l’histoire et les déplacements.