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General News of Saturday, 23 December 2017

Source: ebugnti.wordpress.com

Révélations du Vatican sur la (vraie) date du décès de Mgr Bala

L’incertitude pèse plus que jamais sur cette date, pourtant initialement retenue par l’Église. Ce qui change tout.

Une petite référence, insérée sur la plateforme dédiée à l’épiscopat catholique, est révélatrice de cette nouvelle donne.

Le site internet catholic-hierarchy.org a, en effet, apporté une modification qui n’est pas tout à fait anodine sur la page qui est dédiée à Monseigneur Jean Marie Benoît BALA.

Un renvoi a été inséré sur la colonne destinée à la date de décès de l’évêque de Bafia (31 mai 2017). La note associée à ce renvoi (3) indique : « jour incertain ».

Cet élément nouveau, dont nous ne pouvons dater l’insertion, et sur ce site particulier, n’est pas tout à fait banal. Loin s’en faut.

L’annonce avant date du décès

Le site internet catholic-hierarchy.org avait été le premier à annoncer le décès de Monseigneur BALA. Il a ajouté la mention « décédé » sur la page de l’évêque, dès le 31 mai 2017 au soir, de manière certaine et sans réserve.
L’on n’en était pourtant qu’au premier jour des recherches. La disparition du prélat ayant été constatée dans la matinée de ce jour fatidique.

Cette « précipitation », à considérer L’évêque de Bafia comme mort, avait suscité une vive polémique au sein de l’opinion. Laissant dire que Rome en savait davantage sur cette affaire qu’il n’y paraissait.

La dépouille du prélat ne sera retrouvé que deux jours plus tard (le 02 juin). Des sources médicales, présentent sous le pont d’Ebebda au moment de sa remontée, attestent qu’il ne pouvait pas avoir passé plus six heures dans l’eau.

C’est néanmoins cette date du 31 mai qui sera officiellement retenue par l’Église catholique camerounaise pour les obsèques des 02 et 03 août.

Ce qui change...

Quel sens faut-il donner à ce nouveau détail ? Difficile d’y répondre pour l’instant ! L’on sait que le Saint-Siège avait commis une mission à Yaoundé pour une enquête canonique. Son rapport étant confidentiel, rien n’en a filtré.

Cette mission, qui était constituée de théologiens et médecins légistes, avait eu accès à la dépouille de Monseigneur BALA. Elle aurait même procédé à sa propre expertise médico-légale et aurait disposé des conclusions des précédentes autopsies.

L’on sait aussi que la thèse de l’assassinat, soutenue par l’épiscopat camerounais, n’a pas infléchi à la suite de cette enquête. Ce qui donne à penser avec une certitude réelle que ses conclusions allaient dans le même sens.

L’on sait également que Monseigneur Piero Pioppo, Nonce apostolique au Cameroun au moment des faits et qui avaient été accusé d’implication par certaines sources, sans éléments de preuve, est officiellement, depuis le 8 septembre, le nouveau représentant du Vatican en Indonésie.

Cette affectation avait pourtant été annoncée par la presse camerounaise dès le lendemain de la disparition de l’évêque. Les analystes y percevaient comme une volonté d’exfiltration du légat.

Elle avait même été confirmée à Ebugnti par une source ecclésiale très crédible. La même source indiquait que le représentant romain était en réalité parvenu au terme de son mandat statutaire. Ajoutant que la décision d’affection datait du 29 mai, la veille de l’enlèvement de l’évêque de Bafia.

Cette incertitude sur la date de décès, qui est sans doute la certitude que Monseigneur BALA n’est pas mort le 31 mai, accrédite donc la thèse criminelle que défend, depuis toujours, la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun (CENC).

Elle rend un peu plus désuète la thèse du suicide par noyade soutenue par le procureur de la République, près la Cour d’appel du Centre. Elle donne à penser que Monseigneur Jean Marie Benoît BALA n’est pas mort dans les eaux de la Sanaga.

C’est aussi la preuve que les allégations présumées des riverains, indiquant avoir entendu un hélicoptère jeter quelque chose (qui pourrait être le corps de l’évêque de Bafia) dans les eaux du fleuve Sanaga, la veille de la découverte du cadavre, sont à prendre au sérieux.

C’est enfin la preuve probante d’un crime et d’un mensonge d’État dont les mobiles restent inconnues et que la justice camerounaise peine à convaincre de la nature autosuicidaire.