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General News of Wednesday, 6 December 2017

Source: ebugnti.wordpress.com

Mgr Benoît Bala refuse de 'quitter' son diocèse de Bafia


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Le 29 novembre dernier, l’on commémorait le sixième mois de l’enlèvement de Monseigneur Jean Marie Benoît BALA, dans son évêché de Bafia. Un jour dont on se souvient toujours avec vive émotion et colère à Bafia.

« Il n’y a pas d’organisation particulière ni formelle », nous confie une source locale. Gertrude*, qui a bien connu le flegmatique évêque, reconnaît, presque fière, que le peuple de Dieu s’occupe tout seul d’entretenir la mémoire de son pasteur assassiné.

« De manière systématique, la prière s’organise pour le repos de son âme. Personnellement et dans les conversations, le sujet revient et on réalise que voici quelques mois, notre pasteur est parti », nous déclare-t-elle, non sans meurtrissure.

Des prières, en groupe ou individuellement, ont lieu sur la tombe de Monseigneur Jean Marie Benoît BALA tous les jours. « Mais elles s’intensifient avec la fin du mois, depuis le jour de la disparition (le 29), jusqu’au jour des obsèques (le 03) ».

« La Cathédrale et la tombe de Monseigneur deviennent progressivement un lieu de pèlerinage », nous confie Yvette*. Originaire du département du Mbam-et-Inubu, elle avoue sortir peu à peu de son traumatisme.

« J’ai eu beaucoup de mal au début, reconnaît-elle. Je pleurais, je criais vengeance. Je me querellais avec Dieu, car je n’arrivais pas à comprendre le sens d’un tel événement. Pour moi c’était une malédiction pour notre peuple de Bafia ».

« Aujourd’hui quand j’y vais, poursuit-elle, c’est en action de grâce pour le don Dieu que notre évêque a été pour notre Eglise. Je prie également pour que son sang fertilise notre foi et rende plus prospère notre peuple ».

Quant au sort de ses assassins, la jeune femme fait grise mine. « Si je prie pour eux ? Franchement demandez-moi autre chose ! Que Dieu me pardonne, mais je n’ai pas encore atteint ce niveau », colère-t-elle.

Loin de Bafia, Stéphane* vit tous les deuxièmes jour du mois comme un vrai traumatisme, depuis juin 2017. Il s’est retrouvé un peu par une circonstance professionnelle, en première ligne sous le pont d’Ebedba, le jour du retour de la dépouille de l’évêque sur la berge.

Au sortir d’une messe en la Cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadibong à Douala, il a du mal à cacher sa colère.

« Comment peut-on faire comme s’il ne s’était rien passé ? Quel est ce peuple sans mémoire, sans engagement, sans valeur ? » Il pointe un doigt accusateur sur l’Église qui, selon lui, « participe tacitement à l’oubli » de cet assassinat.

« Un événement commémoratif mensuel et national aurait permis d’entretenir de façon communautaire et massive le souvenir de ce drame », suggère-t-il. À défaut, il va allumer un cierge tous les jours, entre le 29 et 03, « dans l’église la plus proche ».

Lui par contre fait du pardon des bourreaux du prélat, « assassins, commanditaires, enquêteurs et autres pourfendeurs », sa « priorité ». Il avoue : « c’est le seul moyen de m’apaiser quand j’y pense ».

« Qu’est-ce que vous voulez qu’il arrive à Monseigneur BALA d’autre que le repos éternel ? C’est tout gagné, à mon avis « , affirme-t-il.

Le combat contre l’oubli est donc en train d’être gagné, il reste celui de l’omerta, notamment dans les milieux religieux et judiciaires. Le silence de cimetière qui semble désormais s’imposer à la simple évocation de ce meurtre. C’est sans doute le plus difficile.

Monseigneur Jean Marie Benoît BALA a été enlevé dans la nuit du 29 mai 2017 à l’évêché de Bafia. Sa dépouille a été sortie de l’eau du fleuve Sanaga le 02 juin, à Ebebda.

Il a été inhumé le 03 août en sa Cathédrale Saint Sébastien de Bafia. L’enquête ouverte par le bureau du procureur de la République près la cour d’appel du Centre est au point mort.

Avant cet assassinat, le recteur du Petite séminaire Saint André de Bafia avait été retrouvé sans vie dans sa chambre. L’enquête ouverte n’a toujours pas donné de suite.

Depuis, la Cathédrale de Bafia et la tombe de Monseigneur BALA ont été profanées. Une enquête a été ouverte. Elle reste muette elle aussi.

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