Actualités of Friday, 2 January 2026
Source: www.camerounweb.com
Alors que le Cameroun célébrait l'arrivée de l'année 2026 dans la liesse, le Président de la République aurait poursuivi ses activités officielles depuis sa résidence privée. Une information relayée par Bruno Bidjang, communicant proche du régime, qui défend l'image d'un Chef d'État « pleinement engagé ».
La nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, traditionnellement appelée « nuit de la traversée », a été marquée par les festivités habituelles dans tout le pays. Mais selon Bruno Bidjang de la Digital B Agency, le Président Paul Biya a, lui, choisi de consacrer ces heures à ses dossiers officiels.
Après avoir prononcé son traditionnel discours de fin d'année à la Nation, le Chef de l'État se serait « immédiatement remis au travail dans sa résidence privée », affirme le communicant. Selon cette source, Paul Biya aurait passé de longues heures à « l'examen et au paraphe de dossiers », illustrant ce qui est présenté comme « l'intensité et la constance de l'engagement du Premier Camerounais au service de l'État ».
Seule une « brève pause » aurait été observée pour recevoir les vœux de « quelques proches », avant que le Président ne se replonge dans ses activités administratives.
Cette mise en scène du labeur présidentiel intervient dans un contexte politique tendu, marqué par les violences post-électorales de 2025 et les critiques acerbes de l'opposition. Des figures comme Aristide Mono dénoncent régulièrement ce qu'ils qualifient de « confiscation du pouvoir » et d'« État défaillant ».
Pour Bruno Bidjang, cette image vise à « rappeler avec force que le Cameroun demeure dirigé par un Chef d'État pleinement engagé, dont les décisions éclairées continuent de guider la Nation avec constance, responsabilité et hauteur de vue ». Une rhélorique qui s'inscrit dans la stratégie de communication du régime visant à contrer « les clichés entretenus çà et là ».
Le communicant souligne que ce travail nocturne n'a rien d'exceptionnel, évoquant une « habitude » du Chef de l'État qui « poursuit son labeur dans la discrétion » après ses « obligations officielles ». Cette « rigueur » serait caractéristique de son « sens élevé du devoir ».
Âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, Paul Biya fait régulièrement l'objet de spéculations sur sa capacité à diriger effectivement le pays, notamment en raison de ses longues absences du territoire national. Cette communication sur son activité nocturne semble vouloir dissiper ces doutes.
Si cette narration satisfera les soutiens du régime, elle risque de laisser sceptique une partie de l'opinion publique, notamment celle qui dénonce la répression et réclame le changement. Pour l'opposition, c'est moins la quantité de travail du Président qui pose problème que la nature de sa gouvernance et les méthodes employées pour se maintenir au pouvoir.
Le contraste entre cette image d'un Président studieux et les accusations de verrouillage institutionnel continue de nourrir le fossé entre les narratifs du pouvoir et de l'opposition au Cameroun.