Docteurs Ph.D sans emploi : le Collectif interpelle Paul Biya pour dénoncer des recrutements opaques
Le Collectif des Docteurs Ph.D sans Emploi et Indignés du Cameroun (CDEIC) a interpellé directement le président de la République, Paul Biya, dans une correspondance datée du 24 février 2026. L'objet de leur démarche est l'insertion professionnelle des docteurs sans emploi et la dénonciation de ce qu'ils qualifient d'« irrégularités persistantes » dans les recrutements universitaires. Dans cette lettre, le Collectif rappelle que chaque docteur formé représente un investissement d'environ 60 millions de FCFA pour l'État et que leur émigration, faute d'opportunités locales, constitue une perte sèche pour le pays.
Le CDEIC salue les efforts du gouvernement, notamment le recrutement de plus de 2 000 enseignants entre 2019 et 2022, ainsi que la création des universités de Bertoua, Ebolowa et Garoua. Mais la publication des résultats de la troisième et dernière vague du recrutement spécial le 12 février 2026 a laissé place à une profonde incertitude, aucun nouveau programme n'étant annoncé pour absorber les candidats non retenus. Le Collectif dénonce des pratiques opaques telles que des convocations de jurys sans appel à candidatures, des délais de soumission extrêmement courts, des résultats non publiés et des postes ouverts qui disparaissent inexplicablement au profit d'autres profils non préalablement annoncés. Face à ces irrégularités, il sollicite l'établissement d'une « liste additive » pour répondre aux attentes légitimes des docteurs qualifiés.
Au-delà de la dénonciation, le CDEIC propose plusieurs pistes pour valoriser les compétences doctorales. Il suggère l'instauration d'un mécanisme de contrôle indépendant pour garantir la transparence des recrutements, le lancement d'un nouveau programme pour combler le déficit d'enseignants dans les nouvelles universités, ainsi que l'ouverture de perspectives professionnelles dans les ministères techniques, les collectivités territoriales et les entreprises publiques. Le Collectif recommande également de faciliter l'accès des docteurs aux professions libérales réglementées, en reconnaissance de leur haut niveau de formation.
Le CDEIC rappelle que dans plusieurs universités, des docteurs assurent des vacations complètes sans rémunération ou contre une indemnité dérisoire, une situation jugée injustifiable. Le Collectif insiste sur son attachement au dialogue et rappelle qu'une rencontre avait eu lieu avec le ministre d'État, ministre de l'Enseignement supérieur, le 20 février 2025, mais que les assurances reçues n'ont pas été suivies d'effets concrets.
Malgré ces démarches, aucune réponse favorable n'a été enregistrée de la part des autorités. Le Collectif espère que son interpellation directe du chef de l'État saura convaincre les plus hautes autorités d'apporter des solutions durables à une situation qui, selon eux, ne peut plus attendre, alors que le Cameroun affiche son ambition d'émergence à l'horizon 2035.









