Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'analyste Dieudonné Essomba a défendu le droit des Camerounais à s'interroger sur l'état de santé du président Paul Biya, absent du Cameroun depuis plus de deux mois. Il a rappelé que le chef de l'État a un impact fondamental sur la vie des citoyens, et que son silence est une question de santé publique.
Depuis le 7 juin 2026, Paul Biya, âgé de 94 ans, séjourne en Suisse pour ce qui était présenté comme un « court séjour privé ». Plus de deux mois plus tard, aucune apparition publique ni déclaration officielle n'ont été communiquées par la présidence. Le gouvernement a démenti toute hospitalisation, évoquant de « simples consultations médicales » . Mais le séjour s'est prolongé bien au-delà des délais annoncés, et aucune date de retour n'a été communiquée.
La question de l'état de santé du chef de l'État est devenue un débat public, certains estimant que les Camerounais n'ont pas le droit de s'interroger sur la santé de leur président.
Dieudonné Essomba a balayé cet argument : « Nous ne sommes pas là pour entrer en conflit ou en débat avec la santé du chef de l'État. Nous parlons de quelqu'un qui gère nos vies et dont l'état de santé, c'est-à-dire la fonctionnalité biologique, a un impact sur nos vies. »
Il a insisté : « Nous ne parlons pas de quelqu'un qui passe dans la rue. On parle de la santé de Biya parce qu'il a un impact fondamental sur nos vies. Et on ne peut pas nous dire : non, fermez la bouche, ça ne vous regarde pas. Quelqu'un qui signe les décrets sur nous, comment on va fermer la bouche sur sa santé ? »
L'analyste a ainsi rappelé que la santé du président n'est pas une affaire privée, mais une question qui concerne l'ensemble de la nation. Le chef de l'État, en tant que garant des institutions et signataire des actes engageant le pays, a une influence directe sur la vie des citoyens. Son absence prolongée, couplée au silence des autorités, crée un vide institutionnel qui interroge.
Alors que les spéculations sur l'état de santé de Paul Biya se multiplient, la question posée par Dieudonné Essomba reste entière : comment fermer la bouche sur la santé de celui qui signe les décrets qui régissent nos vies ?









