Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, l'analyste Dieudonné Essomba a livré une réflexion sans concession sur l'âge du président Paul Biya, 94 ans, et la manière dont son handicap intrinsèque est instrumentalisé par son entourage. Selon lui, c'est la disparition des fameuses « hautes instructions » qui en dit long sur l'état réel du chef de l'État.
Dieudonné Essomba a d'abord distingué la maladie du handicap : « M. Bidima évoque le cas du cabinet civil qui nous dit que le président Biya n'est pas malade. Nous n'avons pas parlé de maladie. La maladie est une réalité médicale. Nous parlons de handicap c'est-à-dire, à 93 ans on est intrinsèquement handicapé et cela agit sur la manière de gérer l'État. »
Une distinction qui permet de comprendre que même en l'absence de pathologie grave, l'âge avancé du chef de l'État a un impact sur sa capacité à exercer ses fonctions.
La disparition des « hautes instructions »
L'analyste a rappelé une période où le palais fonctionnait sur la base des « hautes instructions du matin jusqu'au soir ». Mais face aux doutes grandissants des Camerounais sur l'authenticité de ces instructions, elles ont disparu.
« Quand on connaît le président Biya, il ne peut pas avoir changé de comportement parce que les gens ont dénoncé les hautes instructions », a-t-il souligné. « Ça veut dire qu'il y avait des gens qui instrumentalisaient l'âge du chef de l'État pour infiltrer leur désir sous la forme de haute instruction. »
Cette analyse met en lumière le risque majeur d'un pouvoir où l'âge avancé du chef de l'État est instrumentalisé par son entourage. Les « hautes instructions » qui n'émanaient peut-être pas du président lui-même ont permis à des proches de gouverner en son nom.
Le vide laissé par la disparition de ces instructions confirme, selon Essomba, que le président est dans l'incapacité de les formuler lui-même. Une situation qui pose la question de qui gouverne réellement le Cameroun.









