Actualités of Wednesday, 9 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Moquerie : ce que Paul Atanga a dit en apprenant la démission de Maurice Kamto

Une démission qui ne fait ni chaud ni froid au ministre Une démission qui ne fait ni chaud ni froid au ministre

Maurice Kamto l'a rendu très clair ces dernières heures. Il a envoyé une lettre aux membres du directoire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) pour les informer de la décision qu'il a prise.

À tous ses amis politiques, le désormais ancien patron du parti fait savoir que dans l'intérêt supérieur du parti, de ses nombreux militants et sympathisants, et du peuple du changement en général, il a décidé de démissionner des fonctions de président national du MRC.

Cette décision, dit-il, « prend effet à compter de ce jour (le 8 septembre 2026, Ndlr) ». L'annonce, ne le cachons pas, a produit un séisme politique en quelques minutes. L'opposant historique jetant l'éponge de la sorte, personne ne s'y attendait vraiment.

On le sait, Kamto fait face à un harcèlement administratif de longue date. Une situation qui ne lui a d'ailleurs pas permis de participer à l'élection présidentielle de 2025. L'homme connu pour lui faire souvent la misère est Paul Atanga Nji. Dans les couloirs du ministère de l'Administration territoriale (Minat) dont il a le portefeuille, l'ambiance n'était visiblement pas à la surprise, mais plutôt au sarcasme.

Selon des sources internes, lorsqu'il a appris la nouvelle de la démission de Maurice Kamto, le ministre Atanga Nji aurait lancé, tout à l'aise, à ses proches collaborateurs : « Il démissionne de quelle présidence ? Est-ce qu'il était d'abord le président du MRC ? ».

Une sortie cynique qui ne surprend presque pas, connaissant l'homme et son aversion pour l'opposant, contrastant avec son allégeance à Paul Biya, le chef du parti (RDPC) qu'il sert depuis des années maintenant. Cela résume bien la guerre froide que se livrent les deux hommes depuis près d'une décennie. Une rivalité féroce où le droit et la bureaucratie sont devenus les armes d'un impitoyable affrontement pour le contrôle de l'espace démocratique.

Pour comprendre cette raillerie de Paul Atanga Nji, il faut remonter au 19 août 2026, lorsqu'il adresse une correspondance au secrétariat général du MRC. Dans cette lettre, il dit ne pas avoir « jugé opportun de prendre acte de la convention » de décembre 2025 qui avait réinstallé Maurice Kamto à la tête de sa formation politique, après un intermède éphémère vers le parti Manidem avec lequel il voulait participer à la présidentielle de 2025.

En s'appuyant habilement sur les plaintes en justice déposées par des frondeurs et anciens cadres exclus du MRC, comme Okala Ebode, Atanga Nji avait ainsi le mobile pour retirer toute légitimité juridique à Maurice Kamto. Pour le proche collaborateur de Paul Biya, l'opposant n'était donc techniquement plus le patron légitime de sa propre formation politique. Sa démission, dès lors pour lui, devenait un non-événement, voire une mise en scène.