Actualités of Saturday, 19 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Libération de Maxime Eko Eko de la DGRE : tout ce qu'il faut savoir

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Nouveau développement dans le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Dans une mise au point datée du 17 septembre 2026, le Collectif des avocats de Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), affirme qu'à l'issue de l'audition de 35 des 43 témoins annoncés par le ministère public, aucune preuve matérielle ne permettrait de relier leur client aux faits poursuivis devant le Tribunal militaire de Yaoundé.

Une défense qui se dit renforcée par six mois de débats

Selon le communiqué signé par sept avocats des barreaux de Yaoundé et de Bruxelles, les débats se déroulent depuis six mois « dans un climat empreint de sérénité et d'équité ». Le collectif affirme que le passage des 33 premiers témoins — parmi lesquels experts en téléphonie, médecins légistes, cadres et personnels de la DGRE, gardes du corps du défunt et journalistes — n'aurait permis d'établir « aucun lien, direct ou indirect » entre Eko Eko et les faits reprochés. Pour la défense, aucun élément matériel, documentaire, téléphonique ou numérique à charge n'aurait été rapporté au tribunal contre leur client, l'instruction à l'audience ayant au contraire, selon elle, renforcé sa présomption d'innocence.

Une note de service qui aurait retiré la coordination des opérations à Danwe

Le collectif s'appuie sur les dépositions des 34e et 35e témoins, entendus les 14 et 15 septembre, tous deux présentés comme des camarades d'armes du coaccusé Justin Danwe. Les avocats citent une note de service du 12 novembre 2021, versée au dossier, qui aurait retiré au lieutenant-colonel Danwe la coordination de l'ensemble des opérations pour la confier au conseiller technique n°1 de la DGRE — une mesure que la défense présente comme motivée par des ruptures avérées dans la chaîne de commandement et des usages répétés des moyens du service à des fins personnelles.

Des démarches auprès de la gendarmerie et une demande d'effacement de messages

Selon les avocats, il ressortirait des pièces du dossier que Danwe aurait contacté, le 29 décembre 2022, un adjudant-chef de gendarmerie pour lui demander de trouver des « gros bras » afin d'« infliger une correction » à Martinez Zogo, avant de lui demander d'effacer leurs échanges WhatsApp — une demande que le gendarme aurait refusée. Danwe aurait également sollicité des informations de localisation auprès du commandant d'une compagnie de gendarmerie, son camarade de promotion, sans en référer à la hiérarchie de la DGRE, alors même que la Direction des opérations disposerait, selon le communiqué, d'une réserve de plus de 200 commandos et d'équipements de tracking dont le déploiement aurait nécessité une autorisation préalable du directeur général — autorisation qui n'aurait jamais été sollicitée.

Une fraude présumée sur des fiches de géolocalisation

Le collectif affirme par ailleurs que des expertises téléphoniques verseraient au dossier la preuve que Danwe aurait exigé, le 6 janvier 2023, d'un agent de la Division des surveillances électroniques l'effacement de toutes les traces d'édition d'une fiche de géolocalisation et d'une fiche technique qu'il aurait obtenues frauduleusement. Les deux personnes impliquées dans cette manipulation auraient depuis été placées sous mandat de dépôt et comparaîtraient actuellement en jugement.

Des accusations de subornation en garde à vue

La défense évoque également des « manœuvres d'entrave et de subornation » : alors qu'il se trouvait en garde à vue au Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie, Danwe se serait extrait de sa cellule pour tenter de suborner des membres d'un commando avant leur audition.

Des versions jugées contradictoires et des flux financiers occultes évoqués

Selon les avocats, Danwe aurait produit au moins quatre versions différentes et mutuellement exclusives de ses allégations, sans qu'aucune ne soit corroborée par un élément matériel ou numérique. Ils affirment en outre que des rapports d'expertise financière confirmeraient qu'aucun fonds de la DGRE n'a été engagé pour l'opération visée, tout en révélant des flux et paiements occultes perçus par Danwe de la part de personnes extérieures au service.

Un rappel à la présomption d'innocence

Le communiqué se conclut par une déclaration attribuée à Eko Eko lui-même, qui dit réitérer sa confiance dans l'impartialité de la justice camerounaise tout en refusant catégoriquement d'être associé aux agissements qu'il qualifie de « clandestins, autonomes et occultes » d'un coaccusé aux « déclarations intempestives » et aux « versions fluctuantes ». Le Collectif des avocats met en garde contre les « narratifs biaisés » et rappelle que la présomption d'innocence demeure un principe cardinal protégé par la loi, ajoutant que le procès pénal « se gagne devant le prétoire de la juridiction militaire et non au tribunal de l'opinion ou des réseaux sociaux ».

Des affirmations qui restent celles d'une seule partie au procès

Il convient de rappeler que l'ensemble de ces éléments constitue la version présentée par la défense de Léopold Maxime Eko Eko, et non une décision de justice. Le procès se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé, où les autres parties, y compris la défense de Justin Danwe directement mis en cause par ce communiqué, pourront apporter leurs propres éléments de réponse.