Actualités of Saturday, 19 September 2026

Source: www.camerounweb.com

L'heure est très grave : la mauvaise nouvelle est tombée pour Paul Biya, les Camerounais vont souffrir plus

Paul Biya Paul Biya

L'agence de notation Standard and Poor's a confirmé, le 18 septembre 2026, la note souveraine du Cameroun à « B-/B », avec une perspective stable. Derrière ce maintien, l'agence identifie explicitement l'incertitude entourant la succession au sommet de l'État comme un facteur de risque susceptible d'affecter la stabilité institutionnelle et, par ricochet, l'économie du pays.

C'est un signal qui mérite d'être lu attentivement. Le 18 septembre 2026, S&P Global Ratings a confirmé la note souveraine du Cameroun à « B-/B », avec une perspective stable. Une décision qui, en apparence, traduit une certaine confiance dans la capacité du pays à honorer ses engagements financiers. Mais derrière le langage technique de l'agence, le message est plus nuancé.

Un maintien sous conditions

La note « B- » concerne la capacité du Cameroun à rembourser sa dette à long terme, tandis que le « B » porte sur le court terme. La « perspective stable » ne signifie pas que l'économie est jugée sans risque. Elle indique plutôt que S&P ne prévoit pas, dans son scénario central, de modifier prochainement la note si les équilibres actuels se maintiennent.

Les chiffres expliquent cette prudence. S&P a abaissé sa prévision de croissance réelle pour 2026 à 3,5 %. L'agence prévoit un déficit budgétaire de 2,5 % du PIB et un déficit du compte courant de 4,4 %. La contraction des hydrocarbures et les performances moins bonnes qu'attendu dans l'agriculture, l'industrie manufacturière, l'agro-industrie et la construction pèsent sur l'activité. En revanche, la dette nette de l'État reste légèrement inférieure à 40 % du PIB, ce qui soutient la notation .

La succession présidentielle dans le viseur

Mais c'est le volet politique qui retient particulièrement l'attention. S&P identifie l'incertitude entourant la succession au sommet de l'État comme un risque susceptible d'affecter la stabilité institutionnelle et, par ricochet, l'économie.

Cela ne signifie pas que l'agence prédit une crise ou désigne un scénario de succession. Elle cherche plutôt à mesurer si une transition pourrait perturber la continuité des politiques publiques, les finances, les investissements ou la confiance des créanciers. Pour un investisseur, le raisonnement est concret : une transition prévisible et encadrée réduit l'incertitude. À l'inverse, des tensions institutionnelles ou sociales peuvent retarder des réformes, freiner les investissements et rendre le financement de l'État plus coûteux .

Une préoccupation ancienne

Cette préoccupation n'est d'ailleurs pas nouvelle. Dès 2006, puis en 2012, S&P mentionnait déjà le manque de visibilité sur la succession présidentielle parmi les facteurs pesant sur le risque politique camerounais. En 2012, l'agence expliquait explicitement que l'incertitude sur le processus de succession constituait l'un des risques entourant la notation souveraine .

Ce qui change aujourd'hui, c'est le contexte. La révision constitutionnelle d'avril 2026 a introduit un poste de Vice-Président de la République, mais celui-ci reste vacant près de six mois après sa création. Une vacance qui alimente les spéculations sur la succession de Paul Biya, âgé de 93 ans, et qui nourrit l'incertitude que S&P identifie comme un facteur de risque.

Un équilibre fragile

Le maintien du B-/B doit donc être lu avec nuance : le Cameroun n'est pas dégradé et la perspective reste stable, mais sa marge de sécurité demeure limitée. Pour S&P, l'évolution des finances publiques, de la croissance et du cadre institutionnel restera déterminante pour la qualité de crédit du pays .

En d'autres termes, la note actuelle tient. Mais elle tient sur un fil : celui d'une stabilité politique et institutionnelle que l'agence observe avec attention. La question de la succession, longtemps reléguée au rang de tabou, devient désormais un paramètre explicitement intégré dans l'évaluation du risque souverain camerounais. Un signal que les autorités ne peuvent plus ignorer.