Actualités of Tuesday, 13 January 2026
Source: www.camerounweb.com
Dans une lettre ouverte aux magistrats René Florentin Emgbang Ondoa et Gabriel Pascal Tankoua de la Cour d'appel du Centre à Yaoundé, la famille de feu Martinez Zogo lance un appel solennel pour le respect strict de la loi dans l'affaire Jean-Pierre Amougou Belinga. Alors que ce dernier, inculpé pour enlèvement, torture et assassinat du journaliste, solliciterait sa mise en liberté, le représentant de la famille rappelle que le Code de procédure pénale camerounais interdit toute libération lorsque l'accusé encourt la prison à vie ou la peine de mort. Plus grave encore, la lettre révèle des manœuvres orchestrées au sommet de l'État – impliquant le Directeur du cabinet civil, le Garde des Sceaux et le Ministre des Finances – pour obtenir cette libération, Amougou Belinga menaçant de dévoiler ses opérations de blanchiment pour ces hautes personnalités. Un ultimatum à la conscience des magistrats en fin de carrière : choisir entre la loi et la corruption, entre la mémoire d'un journaliste assassiné et les pressions du pouvoir.
LETTRE OUVERTE À MESSIEURS René Florentin EMGBANG ONDOA et Gabriel Pascal TANKOUA de la Chambre criminelle - Section militaire de la Cour d'appel du Centre - Yaoundé
Le Code de procédure pénale camerounais ne permet aucune mise en liberté, sous quelque forme que ce soit, lorsque la personne encourt l'emprisonnement à vie ou la peine de mort, et les magistrats de la Cour d’appel du Centre, en fin de carrière, ne peuvent s’autoriser à tordre le cou à cette exigence légale.
Dans l’affaire Martinez Zogo, où Jean-Pierre Amougou Belinga est inculpé pour des faits d’une gravité extrême liés à l’enlèvement, la torture et l’assassinat d’un journaliste, toute complaisance dans l’appréciation d’une demande de mise en liberté serait perçue comme une blessure infligée à la mémoire de la victime et à la conscience collective.
Rappel solennel de la loi
Le Code de procédure pénale encadre strictement la détention provisoire et la mise en liberté, en fonction de la nature des infractions et de la peine encourue.
Lorsque les faits poursuivis exposent l’accusé à l'emprisonnement à vie ou à la peine de mort, la mise en liberté – qu’elle soit dite provisoire, sous caution ou sous toute autre modalité – est juridiquement exclue, la protection de la société et la gravité de l’infraction l’emportant sur toute autre considération.
Responsabilité des magistrats en fin de carrière
À quelques encablures de leur retraite, les magistrats de la Cour d’appel du Centre portent une responsabilité historique : celle de quitter la scène judiciaire en laissant à leurs enfants et à la Nation le souvenir de juges qui auront résisté à l’argent, aux pressions, aux promesses et aux menaces, pour ne se soumettre qu’à la loi.
Seule la fidélité au texte légal et à leur serment les mettra à l’abri de l’étiquette infamante de magistrats corrompus par un justiciable inculpé dans une affaire d’assassinat, étiquette qui poursuivrait leur nom bien au-delà de leur carrière.
La vie de Martinez Zogo et la paix sociale
La question demeure, brûlante : la vie de Martinez Zogo vaut-elle moins que les sommes dont se vante Jean-Pierre Amougou Belinga, principal accusé dans ce dossier, et dont les médias rappellent la proximité avec certains cercles de pouvoir et d’affaires au Cameroun.
Les informations en circulation font état de manœuvres orchestrées au plus haut sommet de l’État pour obtenir la libération de Jean-Pierre Amougou Belinga.
Le Directeur du cabinet civil, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le Ministre des Finances, ainsi qu’un proche de l’homme d’affaires, Monsieur Lazare Atou, seraient engagés dans une opération coordonnée visant à infléchir la décision judiciaire. Or, selon plusieurs sources, M. Amougou Belinga, désormais fébrile dans sa cellule, menacerait de révéler les liens financiers et les opérations de blanchiment réalisées pour le compte de ces mêmes personnalités, ce qui expliquerait l’empressement et la nervosité observés dans certains cercles du pouvoir. Ces complicités, si elles se confirmaient, mettraient en lumière l’ampleur du réseau d’influence tentant de faire échapper un accusé à la rigueur de la loi.
Une mise en liberté, en violation de l’esprit et de la lettre de la loi, serait ressentie comme une provocation et pourrait nourrir une révolte sociale légitime, dans un contexte où l’opinion publique suit chaque rebondissement de cette affaire emblématique de la lutte contre l’impunité.
Interpellation à leur conscience et à leurs enfants
Que répondront-ils, demain, à leurs enfants lorsque ceux-ci leur demanderont comment, alors qu’ils avaient entre leurs mains un dossier d’assassinat d’un journaliste, ils ont choisi l’argent ou la faveur d’un puissant plutôt que le droit, la vérité et la mémoire d’un homme supplicié.
Peuvent-ils accepter de prendre leur retraite sous le regard d’une Nation qui les désignerait comme ceux qui, par un arrêt de complaisance, ont renvoyé à sa liberté un homme lourdement inculpé, au risque de fracturer un peu plus la confiance déjà fragile entre le peuple et sa justice.
Exigence de stricte application de la loi
Seule l’application, et la stricte application, de la loi – ni plus, ni moins – peut aujourd’hui préserver leur dignité, restaurer la confiance dans l’institution judiciaire et honorer la mémoire de Martinez Zogo, dont l’assassinat continue de symboliser les dérives les plus extrêmes de la violence politique et économique.
En disant le droit sans marchandage, en refusant toute mise en liberté incompatible avec la gravité des faits et la peine encourue, les magistrats de la Cour d’appel du Centre pourront quitter la robe la tête haute, sachant qu’ils auront servi la Justice et non un homme, la République et non un portefeuille.
Pour la famille de feu Martinez Zogo,
Le Représentant de la famille
Le TGV de l'info