L'administrateur civil et guide du parti Jouvence Valère Bessala a fustigé, dimanche 12 janvier 2026 sur Info TV, l'absence de bilan du chef de l'État. Il appelle la jeunesse camerounaise à s'émanciper d'une tutelle présidentielle qu'il juge désormais déconnectée des réalités et des urgences nationales après sept années de stagnation.
Sans langue de bois ni précaution diplomatique, Valère Bessala a choisi l'émission dominicale d'Info TV pour délivrer un message radical à la jeunesse camerounaise : il est temps de tourner la page Paul Biya. Dans un réquisitoire sans concession, l'administrateur civil et figure du parti Jouvence a dressé un tableau accablant d'un pouvoir à bout de souffle, incapable de répondre aux attentes d'une population en quête de changement.
« Il a démontré qu'on peut vivre sans lui pendant 7 ans et ne pas avoir de résultats », a lancé Valère Bessala, faisant allusion aux longues absences du président de la République et à la gestion par procuration qui caractérise le sommet de l'État depuis plusieurs années. Pour le leader d'opinion, cette période prolongée de quasi-invisibilité présidentielle a mis en lumière une vérité dérangeante : le pays traverse une « vacuité opérationnelle » sans précédent.
Loin de se limiter à une critique de l'absentéisme, Bessala pointe directement la responsabilité du chef de l'État dans la dégradation généralisée du climat national. « Il nous a sacrifié à ces criminels qu'il entretient savamment », a-t-il martelé, visant explicitement les membres du gouvernement qu'il accuse de bénéficier d'une impunité totale malgré les scandales à répétition.
L'ancien haut fonctionnaire, fin connaisseur des rouages de l'administration camerounaise, dénonce un système verrouillé où les intérêts particuliers priment sur le bien commun. Selon lui, le maintien des privilèges ministériels s'opère au détriment de la sécurité et du bien-être des citoyens ordinaires.
Bessala n'hésite pas à établir un lien direct entre cette gestion et les « assassinats » qui ont endeuillé le pays ces dernières années, restés pour la plupart impunis. Une allusion à peine voilée aux affaires sensibles qui continuent d'empoisonner le climat politique camerounais, à l'image de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo.
Le message central de Valère Bessala s'adresse avant tout à la jeunesse camerounaise, qu'il invite à ne plus placer ses espoirs dans une figure présidentielle qu'il juge déconnectée des réalités du terrain. « Ne comptez plus sur Paul Biya », pourrait résumer sa charge, appelant à une prise de conscience collective face à sept années de stagnation.
Cette sortie intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes au Cameroun, où la question de la transition et du renouveau politique s'impose de plus en plus comme une urgence nationale. Les interrogations sur l'avenir du pays après plus de quatre décennies de présidence Biya se font de plus en plus pressantes, dans une société camerounaise où près de 60% de la population a moins de 25 ans.
La déclaration de Valère Bessala s'inscrit dans une dynamique plus large de durcissement du discours de l'opposition camerounaise. Comme l'avocate Alice Nkom qui affirmait récemment que « le projet de Paul Biya est hérité de la colonisation avec pour vision perpétuelle, mourir au pouvoir », les figures critiques du régime multiplient les prises de parole frontales.
Cette évolution marque un tournant dans le débat politique camerounais, où la sacralisation de la fonction présidentielle semble progressivement céder la place à une contestation plus assumée, portée notamment par une nouvelle génération de leaders d'opinion.









