L'ancien officier de l'État-major particulier du président de la République, le capitaine Effoudou Awussi, a livré des révélations explosives sur le rôle du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, dans le sabotage des initiatives de paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans un entretien au journaliste Morgan Palmer, il accuse le SGPR d'avoir fait obstruction à toutes les tentatives de résolution de la crise anglophone, allant jusqu'à réécrire les notes de renseignement destinées au président.
Selon le capitaine Effoudou, des séparatistes emprisonnés à Yaoundé, dont Ayuk Tabe, auraient tendu la main à l'État après un signal donné par le président Paul Biya. « Nos frères séparatistes de ces régions ont tendu la main », affirme-t-il, précisant que des rencontres discrètes se seraient tenues sous l'égide de l'Église catholique, à la paroisse Jean XXIII de Yaoundé, avec la bénédiction du chef de l'État. Des initiatives similaires portées par la Suisse et le Canada auraient connu le même sort. « Toutes ces initiatives ont été sabotées par M. Ngoh Ngoh Ferdinand », insiste-t-il.
Une « structure bis » qui réécrit les notes de renseignement
Plus troublant encore, l'officier évoque l'existence d'une « structure bis » logée au secrétariat général, chargée selon lui de réécrire les notes de renseignement transmises par la Délégation générale à la sécurité extérieure avant qu'elles n'atteignent le président. « Ces dernières sont interceptées au secrétariat général et puis réécrites », dénonce-t-il, décrivant un chef de l'État qu'il qualifie de « prisonnier de monstres qu'il a lui-même enfantés ».
Le capitaine Effoudou a même ajouté plus tard que le ministre Ferdinand Ngoh Ngoh devrait être pendu sur la place publique, suite à son impact négatif pour l'avancement du Cameroun. Des propos d'une gravité inouïe, qui devraient susciter de vives réactions au sein du régime.
Les accusations du capitaine Effoudou confirment les thèses des séparatistes, qui accusent depuis longtemps Ferdinand Ngoh Ngoh de faire obstruction à tout processus de paix. L'officier, qui a servi au cœur de l'appareil sécuritaire, apporte un témoignage de première main qui pourrait ébranler le régime.
Ces révélations interviennent alors que la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui a fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes, entre dans sa dixième année. L'absence prolongée de Paul Biya en Suisse, couplée à ces accusations, pourrait accélérer les appels à une solution politique.









