Actualités of Monday, 21 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Il n'y a plus d'espoir : Paul Biya interpellé

« Tu es sûr qu'il est encore vivant ? », « Dieu nous a déjà oubliés », « Les caisses sont vides, nous sommes morts ». Dans une lettre adressée au président Paul Biya, Jean Paul Ntsengue, se présentant comme « un patriote épris de paix », dresse un constat alarmant : celui d'une perte d'espoir généralisée dans les rues de Yaoundé. À travers deux conversations « fortuites » avec des anonymes, il restitue le désarroi d'un peuple qui ne croit plus aux promesses de réforme ni à la capacité de l'État à sanctionner les scandales à répétition. Un message qui se veut loyal, mais qui résonne comme un avertissement : « cette perte d'espoir précède souvent les grandes colères ».






MESSAGE À S.E. President Paul Biya
EXCELLENCE, LE PAYS VA MAL !
Parce que je continue sincèrement de croire en votre volonté de faire sortir le pays de cette situation désastreuse d'une part, et d'affirmer votre capacité physique et intellectuelle à agir fortement pour changer les réalités que nous vivons d'autre part, j'ai le devoir de vous dire, non pas CE QUE JE PENSE..., mais ce que pensent beaucoup de camerounais. J'ai engagé des conversations fortuites avec des anonymes pour recueillir leurs avis. Voici un aperçu :
PREMIERE CONVERSATION
- Moi : ne vous inquiétez pas. Le President Paul Biya, comme il est rentré là, il va remettre de l'ordre dans la gestion du pays.
- 1er inconnu : tu es sûr qu'il est encore vivant ? Depuis même qu'il a parlé des prochains jours là, les prochains jours sont devenus les prochains mois et peut-être bientôt, les prochaines années.
- 2ème inconnu : dis donc, décale un peu en brousse avec ça. Tu es sûr qu'il veut lui-même que le pays soit bien géré ? Depuis qu'il a annoncé les réformes, il a fait quoi on a vu ? On voit seulement les scandales et les gens qui volent l'argent partout partout. Le Ministre des Finances nous dit même déjà que les caisses sont vides. Nous sommes morts...
DEUXIÈME CONVERSATION
- Moi : gardez espoir. Dieu ne va pas nous abandonner.
- 1er inconnu : aka ! Dieu nous a déjà oubliés !
- 2ème inconnu : tu es sûr que Dieu aime le Cameroun avec tout ce que les gens font là dehors sans aucune sanction ? Si Dieu était encore avec le Cameroun, même la foudre les aurait frappés.
Je voulais très humblement vous informer de cette perte d'espoir généralisée qui précède souvent les grandes colères. Je garde l'espoir que si vous n'avez pas lu vous-même, Excellence, les services spécialisés qui font encore leur travail vous rendront fidèlement compte de ce nouvel état d'esprit du citoyen qui l'amène à ne plus croire en l'Espérance.
Avec déférence et très haute considération !
Jean Paul Ntsengue
Un patriote épris de paix