« Samuel Eto'o est un homme libre, majeur, intellectuellement construit et parfaitement capable de prendre des initiatives publiques. » La réponse ne s'est pas fait attendre. Après les accusations d'Emmanuel Simh contre Georges Dougueli, un proche du président de la FECAFOOT monte au créneau pour défendre le droit d'Eto'o à s'exprimer sans que son entourage soit systématiquement mis en cause. Mais au-delà de la défense du dirigeant, le texte pose une question plus dérangeante : pourquoi une partie des soutiens du MRC manifeste-t-elle une hostilité aussi ouverte à l'égard de Samuel Eto'o ? Entre la campagne contre Binyam, les productions de l'ancien vice-président démissionnaire, et la circulation de contenus de « marchands d'alertes », les faits publics s'accumulent. Répondons aux faits. Au fond.
Maître Emmanuel Simh, pourquoi manquez-vous autant de respect à Samuel Eto’o ?
Samuel Eto’o est un homme libre, majeur, intellectuellement construit et parfaitement capable de prendre des initiatives publiques, avec ou sans l’aval de ses conseillers. Ses conseillers peuvent être consultés lorsqu’il le juge utile. Ils ne pensent pas à sa place et ne décident pas à sa place. Dans sa communication d’hier, Samuel Eto’o n’a, à aucun moment, remis en cause le MRC. Il a simplement relayé la vidéo d’un ancien militant de votre parti, ancien prisonnier politique, qui a choisi de témoigner à visage découvert et d’évoquer ce qu’il présente comme un complot au sein des instances dirigeantes de votre parti. On peut contester le contenu de son témoignage. On peut en demander les preuves. On peut le réfuter point par point. Mais pourquoi, au lieu de répondre au fond, cherchez-vous à déplacer le débat vers son entourage ? Georges Dougueli et moi-même n’avons pas à être convoqués pour expliquer une prise de parole qui appartient à Samuel Eto'o. Il est assez surprenant, venant d’un avocat, de vouloir répondre à une expression publique par une mise en cause de ceux qui entourent celui qui s’exprime. Et puisque nous nous connaissons et que j’ai toujours eu pour vous, comme pour le Professeur Kamto, un profond respect, permettez-moi de vous parler franchement: Il existe aujourd’hui suffisamment de faits publics et traçables pour que l’on puisse légitimement s’interroger sur l’hostilité d’une partie de vos soutiens à l’égard de Samuel Eto’o.
Certains de vos militants semblent même faire campagne contre Binyam au motif qu’il serait favorable à Samuel Eto’o. La production particulièrement abondante, ces dernières années, de votre ancien vice-président démissionnaire à son sujet est également difficile à considérer comme anodine.
À cela s’ajoutent les prises de position répétées de certains membres ou proches de votre appareil politique, ainsi que la circulation, par certains d’entre eux, de contenus provenant de ces fameux « marchands d’alertes » que vous semblez pourtant ne pas voir.
Et puis il y a cette campagne de lynchage numérique que Georges Dougueli, Samuel Eto’o et moi-même subissons depuis un certain temps, avec une régularité et une convergence qui mériteraient, elles aussi, d’être interrogées.
Alors, Maître, posons simplement la question : comment faut-il interpréter l’ensemble de ces faits publics, répétés et traçables ?
Le débat politique mérite mieux que les procès d’intention et les attaques contre les entourages.
Répondons donc aux faits. Au fond. Et laissons Samuel Eto’o être ce qu’il est : un homme libre, responsable de ses paroles et de ses choix









