Actualités of Tuesday, 1 September 2026

Source: L’Indépendant n°1059

Grosse alerte à Yaoundé

Une situation qui mérite toute l’attention Une situation qui mérite toute l’attention

La crise des ordures à Yaoundé a atteint un seuil d’alerte critique en ce mois d’août 2026. Les ministres de l’administration territoriale (Minat), de l’habitat et du développement urbain (Minhdu), de la décentralisation et du développement (Minddevel), humant eux-mêmes ces odeurs, ont touché du doigt cette réalité le 28 août 2026. Premier arrêt, lieu-dit ‘‘Total Melen’’ à Yaoundé : une montagne d’immondices longe la clôture du Centre hospitalier universitaire (Chu) telle une deuxième barrière. Des odeurs nauséabondes s’en dégagent. Autre site, lieu-dit montée ‘‘Don Bosco’’ à Nsimeyong. Le constat est tout aussi désolant. Ici également, les déchets ménagers dictent leur loi. Un cliché peu reluisant pour la capitale.

Face à cette accumulation massive d’immondices qui transforme de nombreux axes routiers et carrefours en véritables dépotoirs à ciel ouvert, le Minat, Paul Atanga Nji, a réuni vendredi dernier, ses collègues Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’habitat et du développement urbain (Minhdu) ; Georges Elanga Obam ministre de la décentralisation et du développement (Minddevel), ainsi que les autorités administratives et les maires d’arrondissement, à l’effet de trouver des solutions à la problématique de l’insalubrité.

L’examen de la situation est sans appel : c’est l’argent qui fait problème. « Le représentant du Minfi a pris l’engagement de nous accompagner ; il y a des difficultés de paiement, mais il y a des arrondissements qui sont sous la gestion d’un prestataire (Thychlof sarl, Ndlr) qui n’est pas payé, mais qui fait le service ; Yaoundé 6 et Yaoundé 3 sont les principales victimes de ces tas d’immondices », relève le Minhdu.

Après près de cinq heures d’examen, d’analyse et d’échange à huis clos, des décisions ont été prises pour tenter de mettre un terme à cette crise de déchets qui ternit l’image de la capitale. « (…) Il n’y a plus de zone, ni de secteur, nous sommes sur le terrain depuis mercredi [le 26/08/2026] avec mes équipes et les équipes des deux communes, dans une opération coup de poing. À partir d’aujourd’hui, il n’y aura plus de zone, nous allons déployer l’entreprise qui malgré les non-paiements, se déploie sur d’autres arrondissements pour faire le travail, le temps pour nous, d’évaluer les contrats », affirme le Minhdu.

À la sortie de cette réunion, préfets et sous-préfets sont appelés à s’impliquer davantage dans la gestion des ordures ménagères à Yaoundé : « Le Minat a instruit des descentes, nous allons les multiplier. Mardi, jeudi, nous serons sur le terrain, pour accompagner les maires ; et nous avons fait fabriquer des plaques, portant la mention interdit de jeter les ordures ici », souligne Emmanuel Mariel Djikdent, préfet du Mfoundi. Des mesures cosmétiques qui devraient, on l’espère, contribuer à assainir la ville aux sept collines et permettraient à la capitale de retrouver sa splendeur d’antan, même si pour certains, ces immondices constituent une véritable niche d’opportunités.