Actualités of Friday, 24 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Grogne dans les rangs des anciens combattants camerounais

Des anciens combattants camerounais dénoncent des dysfonctionnements au sein de l'Office national des anciens combattants (ONACAM), évoquant des lenteurs administratives, une gouvernance jugée inefficace et des prestations insuffisantes.

DES ANCIENS COMBATTANTS INTERPELLENT LES AUTORITÉS SUR LA GOUVERNANCE DE L’OFFICE NATIONALE DES ANCIENS COMBATTANTS DU CAMEROUN (ONACAM)

Créé pour assurer la protection sociale des anciens combattants, des anciens militaires et des victimes de guerre, l’Office national des anciens combattants, anciens militaires et victimes de guerre (ONACAM) fait aujourd’hui l’objet de critiques émanant de certains de ses bénéficiaires. Ces derniers dénoncent des lenteurs administratives, une gouvernance qu’ils jugent peu efficace et demandent l’ouverture d’un audit sur le fonctionnement de cet établissement public.

Établissement public administratif de cinquième catégorie, l’ONACAM a été créé pour assurer l’assistance sociale, l’accompagnement et la prise en charge des anciens combattants, des anciens militaires et des victimes de guerre. Son organisation relève notamment de la loi n° 2017/010 du 12 juillet 2017 portant statut général des établissements publics ainsi que du décret n° 2019/322 du 19 juin 2019 fixant les catégories d’établissements publics.

Selon les auteurs de cette interpellation, la réalité observée sur le terrain s’éloignerait des missions assignées à l’Office. Ils affirment que l’obtention d’une aide sociale, d’une prestation ou d’un accompagnement peut nécessiter plusieurs mois, voire plusieurs années, décourageant de nombreux bénéficiaires.

Certains anciens combattants finiraient ainsi par abandonner leurs démarches, tandis que d’autres choisiraient de ne plus solliciter l’institution, estimant que leurs requêtes n’aboutiront pas.

Les critiques portent également sur le fonctionnement des associations et amicales regroupant les bénéficiaires de l’ONACAM. Selon le témoignage reçu, plusieurs membres auraient progressivement quitté ces structures ou réduit leur implication, invoquant un climat qu’ils jugent peu propice à leur engagement et à la défense de leurs intérêts.
Au-delà des difficultés administratives, les anciens combattants soulèvent plusieurs interrogations relatives à la gouvernance de l’établissement.

Ils s’interrogent notamment sur l’utilisation des ressources de l’Office, dont le budget annuel dépasserait 400 millions de FCFA, au regard des prestations qu’ils estiment insuffisantes.

Ils appellent également à une évaluation objective des performances de l’établissement et de ses organes de gouvernance. Selon eux, si les affirmations faisant état d’une absence prolongée de réunions régulières du Conseil d’administration devaient être confirmées, cette situation mériterait d’être examinée par les autorités compétentes, le Conseil d’administration étant chargé d’orienter, de contrôler et d’évaluer la gestion de l’établissement.

Les auteurs de cette interpellation rappellent également que les mêmes dirigeants seraient en poste depuis plus de vingt ans. Ils estiment qu’il est légitime de s’interroger sur la capacité de l’Office à répondre aux nouveaux défis auxquels sont confrontés les anciens combattants et les victimes de guerre.

Ils plaident pour qu’un examen indépendant permette d’apprécier la gouvernance de l’institution, la gestion des ressources publiques et la qualité des services effectivement rendus aux bénéficiaires.

À travers cette démarche, les anciens combattants lancent un appel au président de la République, au Gouvernement, au ministre de la Défense, au Contrôle supérieur de l’État, à la Chambre des comptes ainsi qu’aux autres institutions compétentes afin qu’une mission d’audit administratif, financier et opérationnel soit diligentée au sein de l’ONACAM.

Ils souhaitent que cette évaluation permette d’établir les faits, de mesurer les performances de l’établissement et, le cas échéant, de formuler des recommandations destinées à améliorer la prise en charge des anciens combattants.

Pour ces derniers, l’enjeu dépasse leur situation individuelle. Ils estiment que les hommes et les femmes qui ont servi le Cameroun sous les drapeaux doivent pouvoir bénéficier, dans des délais raisonnables, des droits et de la protection que la République leur reconnaît.

Boris Bertolt