Actualités of Tuesday, 14 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Gestion : le Cameroun a encore frappé, 1331 milliards FCFA évoqués

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L'État camerounais, selon les calculs du journal l'Indépendant, a mobilisé entre janvier et mars 2026 près de 1 331,7 milliards de francs CFA de ressources budgétaires. Ceci pour un objectif trimestriel fixé à 2 181 milliards, découvre dans ce média, précisément dans sa parution numéro 1044.

L'on se retrouve donc à 61 % de l'objectif, avec un écart d'à peu près 850 milliards de francs CFA. Ce chiffre a de quoi inquiéter, sur le papier. Mais en creusant, beaucoup voient vite que la faiblesse ne vient pas d'où on l'attendrait spontanément.

Les recettes internes, elles, résistent plutôt bien : 1 193,9 milliards collectés sur un objectif de 1 353,3 milliards, soit 88,2 %. C'est un peu en dessous de l'objectif, oui, mais on est loin de l'effondrement. Et si on compare à la même période en 2025, la baisse n'est que de 1,9 %.

Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas non plus un signal d'alarme sur la capacité de l'administration fiscale à faire son travail. D'ailleurs, les recettes fiscales hors pétrole progressent même un peu, portées par les impôts et les douanes, avec un taux de réalisation de 92,7 %. C'est plutôt le genre de nouvelle qu'on aimerait voir davantage relayée, parce qu'elle contredit l'image souvent répétée d'une administration fiscale à bout de souffle.

La vraie faiblesse, celle qui plombe tout le reste, vient des recettes pétrolières et surtout des financements extérieurs. Les recettes pétrolières reculent de 34,6 % sur un an, à 106,6 milliards de francs CFA, à cause d'une baisse de la production qui a plus que compensé la hausse mondiale des cours liée au conflit au Moyen-Orient. C'est un point qui mérite d'être souligné : le Cameroun n'a même pas pu profiter d'un contexte pétrolier international pourtant porteur, faute de volumes à vendre. Mais, selon des experts, l'élément le plus significatif du Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (DPEB) 2027-2029 reste l'effondrement des emprunts et des dons.

En effet, les emprunts et les dons, qui devaient rapporter 827,7 milliards de francs CFA au premier trimestre, n'ont été mobilisés qu'à hauteur de 137,5 milliards. Un taux de réalisation de 16,6 %. Autrement dit, sur cette ligne précise, l'État n'a récupéré qu'un sixième environ de ce qu'il attendait. Dans les détails, l'on apprend que les prêts projets, censés apporter 206,7 milliards, n'ont atteint que 39,4 milliards.

Les dons attendus à 18,5 milliards se sont limités à 100 millions de francs CFA, presque rien. Et les appuis budgétaires, tout comme les « autres emprunts », affichent un décaissement nul à fin mars, alors qu'on en attendait respectivement 66,1 et 376,5 milliards. Zéro. C'est le genre de zéro qui, dans un document budgétaire, ne passe jamais inaperçu. Par contre, ce qui a plutôt bien fonctionné, c'est le marché intérieur des titres publics. Le trésor a levé 98 milliards de francs CFA via les obligations et bons du trésor, en hausse de 16 % sur un an.

C'est cohérent avec ce que documentent depuis plusieurs mois les rapports du FMI : le Cameroun, faute de financements concessionnels suffisants, se tourne de plus en plus vers l'emprunt intérieur et régional, à des conditions plus coûteuses. Le rapport du FMI sur les consultations au titre de l'article IV, publié au printemps 2026, évoquait d'ailleurs un placement privé récent à un taux effectif proche de 9,45 %, et un prêt extérieur obtenu fin 2025 à plus de 10 %. Ce ne sont pas des taux concessionnels, loin de là.