Actualités of Tuesday, 24 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Gestion de la Fecafoot : trois questions simples posées à Samuel Eto'o

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Jean Ediegnie a trois petites questions qu’il aimerait poser, avec lucidité, au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o Fils. Elles portent sur le lien troublant entre primes impayées et sanctions dans le football. Suivez plutôt.

Mes chers compatriotes, la Fecafoot, sous votre magistère, a rendu une décision lourde dans l’affaire Colombe du Dja et Lobo vs Panthère du Ndé : match non terminé, défaite par forfait (3-0), 30 millions de francs CFA d’amende, exclusion de la Coupe du Cameroun 2026, suspensions de joueurs, sanctions contre l’encadrement.

Sur le plan du droit, la décision est défendable. Sur le plan des règlements, elle est cohérente. Mais sur le plan du contexte, une question persiste car ce club, comme d’autres avant lui, avait évoqué un sujet sensible : les primes.

Et les cas ne manquent pas : Bamboutos de Mbouda, toujours en attente de plusieurs millions après ses performances ; Colombe du Dja et Lobo, championne du Cameroun, qui dénonce des primes non reversées ; des situations individuelles qui interrogent sur la gestion des récompenses.

Loin de moi l'idée d'accuser qui que ce soit. Je parle d’une perception qui s’installe. Et dans un système où la perception devient doute, la confiance commence à se fissurer. C’est donc avec lucidité, sans passion inutile mais avec responsabilité, que je me permets de poser trois questions simples.

Pourquoi les primes deviennent-elles toujours un problème et pourquoi ceux qui en parlent se retrouvent souvent en difficulté ?

Monsieur le président, dans un football structuré, les primes sont budgétisées, sécurisées, contractualisées. Elles ne devraient pas être une source de tension. Or, chez nous, elles arrivent en retard, elles sont incomplètes ou entourées de zones d’ombre et lorsqu’un club élève la voix, les tensions apparaissent, les situations se crispent et parfois, les sanctions suivent. S’agit-il d’une coïncidence ou d’un environnement qui décourage la revendication ?

Qui protège réellement les clubs et les acteurs locaux, surtout lorsqu’ils revendiquent leurs droits ? Monsieur le président, le football camerounais repose sur ses clubs locaux. Mais ce sont aussi eux qui attendent le plus, qui subissent le plus et qui parlent souvent sans réponse. Quand un club champion réclame ses primes, ce n’est pas un caprice. C’est un droit. Quand les sanctions tombent dans un contexte déjà tendu, la perception devient problématique. Alors la question est simple : qui accompagne ces clubs ? Qui suit leurs dossiers jusqu’au bout ? Car sans protection des acteurs locaux, il ne peut pas y avoir de développement durable de notre football.

Quel message envoie-t-on à l’écosystème du football camerounais ? Monsieur le président. Derrière ces affaires, il y a un enjeu plus profond : la crédibilité, la confiance, la stabilité. Quand les primes ne sont pas honorées clairement, les clubs doutent, les joueurs s’interrogent, les partenaires hésitent. Et quand, en parallèle, les sanctions sont lourdes et visibles, le signal envoyé devient ambigu. Le football moderne repose sur la confiance. Et la confiance ne se proclame pas. Elle se construit par la transparence, la cohérence et le respect des engagements

En conclusion, monsieur le président, le football camerounais a besoin de discipline. Mais il a aussi besoin de justice perçue comme équitable. Le problème des primes n’est pas un détail. C’est un révélateur de la gouvernance, du suivi et de la crédibilité du système. Vous avez apporté une ambition réelle. Une énergie nouvelle. Mais aujourd’hui, les attentes ont évolué. Il ne s’agit plus seulement de promettre. Il s’agit de livrer. Parce qu’au final, un football ne se développe pas avec des annonces, mais avec des engagements tenus.