Actualités Criminelles of Monday, 12 January 2026

Source: www.camerounweb.com

Film de l’assass!nat de Marie-Lou Mballa : Ngouchinghe Sylvestre principal suspect

'Il faudra peut‑être lever l’immunité parlementaire de Sylvestre Ngouchinghe' 'Il faudra peut‑être lever l’immunité parlementaire de Sylvestre Ngouchinghe'

Les langues continuent de se délier sur les circonstances de l’horrible assassinat de Marie-Lou Mballa à son domicile à Youndé. Les regards se tournent vers un conflit qui l'opposait, de son vivant, à la société Congelcam du Sénateur Ngouchinghe Sylvestre et leader de l'importation de produits halieutiques au Cameroun.

Selon les premiers témoignages de ses proches et les éléments relayés par plusieurs lanceurs d'alerte, Marie-Lou Mballa n'était pas une victime anonyme. Elle était engagée dans une bataille judiciaire et administrative pour la préservation de son patrimoine foncier.

Même s’il est primordial de souligner l'absence, qu’à ce jour, de confirmation officielle de la part des autorités judiciaires ou policières concernant les circonstances du décès de Marie-Lou Mballa ou un lien quelconque avec le litige foncier mentionné, Vincent-Sosthène FOUDA croit connaître les vraies circonstances de ce crime.


24 heures dans l’ombre - il faut lever l'immunité parlementaire de Sieur Ngouchinghe Sylvestre Sénateur de la République

Tout commence dans ce quartier du sud de Yaoundé, Mvan, dont le nom signifie refuge.
Un refuge devenu, ce jour‑là, le théâtre d’une énigme.
Le Complexe BEAC, un îlot tranquille où les journées se ressemblent, où chacun connaît les habitudes de l’autre.

Marie‑Lou a fait toute sa carrière à la BEAC. C’est là, dans les couloirs feutrés de la Banque des États de l’Afrique Centrale, qu’elle a rencontré son époux, Demontreuil, vingt‑sept ans plus tôt. Une vie rangée, régulière, sans éclats inutiles.
Elle arrive au Cameroun le dimanche 4 janvier 2026, par un vol Air France.
Elle revient pour une raison grave : ramener les cendres de son mari, décédé quelques mois plus tôt.
Elle sort d’un long séjour aux États‑Unis et au Canada, où elle a passé les fêtes de Noël et du Nouvel An.
Elle est dans cet âge où la femme atteint sa pleine stature : assurance tranquille, gestes sûrs, élégance sans effort.

Mardi 6 janvier — 8 h à 10 h : la routine

Elle se lève vers huit heures.
Elle fait un tour au marché, achète quelques provisions, échange des salutations.
Elle a prévu un bouillon de carpes.
On retrouvera plus tard le sac de courses non rangé, et sur la pierre à écraser, les condiments déjà préparés.
Vers 10 h, elle range ses achats, allume le feu, commence à cuisiner.
C’est la dernière image que l’on garde d’elle : une femme dans sa cuisine, dans la lumière douce du matin.

Entre 10 h et 14 h : la bascule
Dans cet intervalle, des individus entrent chez elle.
Pas en urgence.
Pas en panique.
Ils fouillent méthodiquement : meubles déplacés, placards ouverts, papiers déchirés.
Rien n’est volé.
Pas un bijou. Pas un appareil. Pas une robe. Pas un parfum. Ce n’est pas un cambriolage. C’est autre chose.

L’après‑midi : une présence qui s’installe
Les intrus restent.
Ils cuisinent sur le réchaud à pétrole du gardien — Mamadou Bada, contre qui la police judiciaire annonce un mandat d’arrêt.
Ils mangent. Ils se déplacent librement dans la maison. Ils ne se cachent pas. Ils ne se pressent pas.

La nuit du 6 au 7 janvier : un huis clos

La nuit tombe. Ils dorment sur place. Une occupation assumée, presque insolente, comme si la maison leur appartenait.
Comme si rien ne pouvait les atteindre.

Mercredi 7 janvier — matin : le départ

Au matin, avant de quitter les lieux, ils referment la porte et posent une chaîne. Un geste froid, précis, destiné à retarder la découverte.
À 14 h 20, la fille de Marie‑Lou reçoit un appel du gardien. Une voix affolée, hachée :
— « Ils l’ont tuée… »
— « Tué qui ? »
— « Ta maman. »
Il raccroche.
Son téléphone s’éteint. Il ne sera plus jamais rallumé.

Une femme au cœur d’une lignée majeure.

Marie‑Lou n’était pas une inconnue. Mvog Fouda par son père, Etoudi par sa mère, de la lignée Noah Bikié. Cousine de Yannick Noah, de Marie‑Françoise Ewolo, de Etoundi Ngoa Laurent Serge.

Dans cette configuration, Yannick Noah est le répondant traditionnel de la famille. Autour d’elle gravitent aussi, côté Mvog Fouda, une véritable galaxie : Cécile Bomba Nkolo, Laurentine Mbédé, doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, Marie‑Thérèse Abena Ondoa, ministre, le magistrat Rémy Nnama,
l’ambassadeur Ekoumou André Magnus.

Un environnement de tensions et de milliards

Autour de la famille, des dossiers lourds.
Très lourds. Des conflits fonciers évalués entre un et deux milliards.
Un multimilliardaire, Sylvestre Ngouchinghe, propriétaire de CONGELCAM, figure centrale du secteur agroalimentaire.

Il a acquis 9 000 m² de terrain appartenant à la famille, en contrebas de Ti yi Ngoalo — devenue Tengolo — auprès de la tante de la défunte, Odilia Ngono, représentée par un avocat connu pour ses allers‑retours entre magistrats, valises et intérêts privés.

Deux magistrats du tribunal du Centre administratif apparaissent également dans l’environnement du dossier.
Un monde où se croisent argent, influence, rivalités et silences.

Une séquence qui interroge

Une intrusion longue. Une fouille méthodique. Une occupation de près de vingt‑quatre heures. Un départ organisé. Un appel du gardien suivi d’une disparition. Un contexte familial explosif.

Rien n’évoque un geste impulsif. Tout ressemble à une opération pensée, préparée, exécutée avec un sang‑froid qui interroge.
Pourquoi fouiller sans voler ? Pourquoi cuisiner sur place ? Pourquoi passer la nuit ? Pourquoi verrouiller la porte ? Pourquoi cet appel — et ce silence depuis ? Autant de questions qui, pour l’instant, restent suspendues.

Une affaire qui ne fait que commencer

L’affaire Mballa Marie‑Lou ne fait que commencer. Derrière les murs de cette maison silencieuse, derrière les papiers déchirés, derrière les heures d’occupation, se dessine peut‑être une histoire plus vaste : celle des tensions, des intérêts et des rivalités qui traversent certaines familles influentes du pays. Un dossier où chaque détail compte. Un dossier où les silences pèsent autant que les faits. Un dossier qui, à n’en pas douter, fera encore parler longtemps. Et si, comme le veut la tradition ekang, les Mvog Fouda demandent des comptes aux Etoudi, ces derniers répondent que les oncles maternels ne peuvent pas nuire à leur nièce.

Alors, disent certains, il faudra peut‑être lever l’immunité parlementaire de Sylvestre Ngouchinghe, entendre l’avocat de Dame Odilia Ngono, et permettre à cette dernière d’éclairer la police judiciaire.
L’enquête, elle, ne fait que commencer.

(c) Vincent-Sosthène FOUDA


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