Selon une révélation du lanceur d'alerte Boris Bertolt, Jean Sylvain Mvondo, directeur de la Programmation des Investissements Publics (DPIP) au MINEPAT, aurait versé 300 millions de FCFA au groupement de gendarmerie du Mfoundi pour étouffer une enquête portant sur la gestion de la ligne 94. Une information qui relance le dossier explosif de cette ligne budgétaire, au cœur de plusieurs scandales présumés de détournement de fonds publics.
C'est une nouvelle accusation qui vise l'un des hauts fonctionnaires les plus controversés du Cameroun. Selon Boris Bertolt, Jean Sylvain Mvondo, directeur de la Programmation des Investissements Publics (DPIP) au ministère de l'Économie, aurait versé 300 millions de FCFA au groupement de gendarmerie du Mfoundi pour étouffer une enquête sur la ligne 94.
La ligne 94, également appelée chapitre 94, est une ligne budgétaire intitulée « Interventions en investissements », gérée par le ministère de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du Territoire (MINEPAT) . Longtemps décrite comme une enveloppe destinée à soutenir les opérateurs économiques et à financer des projets d'investissement public, elle a été au cœur de nombreuses polémiques en raison de sa gestion jugée opaque et de son utilisation présumée à des fins de népotisme et de favoritisme .
Ce n'est pas la première fois que la ligne 94 défraie la chronique. En avril 2022, sur « très hautes instructions » de Paul Biya, une mission spéciale de contrôle de la gestion des ressources allouées aux dépenses communes de fonctionnement et d'investissement sur la période 2010-2021 avait été dépêchée au MINEPAT . Jean Sylvain Mvondo, présenté comme « le fonctionnaire milliardaire » et suspecté d'avoir gagné personnellement à travers un réseau de sociétés, avait été cité dans l'affaire .
En octobre 2026, une enquête de la Gendarmerie nationale avait mis en cause la gestion des subventions publiques de la ligne 94 entre 2017 et 2021, évoquant des « contrôles fictifs », des « subventions fantômes » et des présomptions d'infractions graves. Sur 240 structures bénéficiaires identifiées sur le terrain, seules 26 étaient enregistrées et connues du MINEPAT . La Gendarmerie avait sollicité l'autorisation du chef de l'État pour auditionner les ministres Alamine Ousmane Mey et Louis Paul Motaze .
Selon la révélation de Boris Bertolt, Jean Sylvain Mvondo aurait donc tenté d'acheter le silence des enquêteurs en versant 300 millions de FCFA au groupement de gendarmerie du Mfoundi. Une somme considérable, qui témoigne de l'ampleur des enjeux financiers liés à cette affaire et de la volonté du haut fonctionnaire d'éviter que la lumière ne soit faite sur sa gestion.









