Actualités of Friday, 18 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Exclusif : Guerre froide au Palais entre Chantal Biya et Franck Biya

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L'apaisement n'a pas eu lieu. Selon plusieurs sources concordantes, Franck Biya, le fils aîné du président Paul Biya, est déterminé à réduire l'influence de son beau-père... pardon, de la femme de son père, Chantal Biya. Une lutte souterraine pour le contrôle de l'appareil d'État qui se cristallise autour du poste vacant de Vice-Président de la République.

Ce n'est un secret pour personne dans les couloirs du pouvoir à Yaoundé. La relation entre Franck Emmanuel Biya, fils aîné du président Paul Biya, et sa belle-mère, la Première Dame Chantal Biya, n'a jamais été harmonieuse. Mais ces derniers mois, ce qui était une rivalité feutrée a pris les allures d'une véritable guerre froide.



D'un côté, les « franckistes », partisans d'une continuité biologique et d'un homme qu'ils présentent comme discret, éloigné des scandales et des marchés publics. De l'autre, les « chantalistes », qui s'appuient sur le réseau d'influence patiemment tissé par la Première Dame au sommet de l'État depuis près de trois décennies.

L'enjeu de cet affrontement est simple : le contrôle de la succession de Paul Biya, 93 ans, dont l'état de santé et les absences prolongées alimentent toutes les spéculations. Et le champ de bataille principal est le poste de Vice-Président de la République, créé par la révision constitutionnelle d'avril 2026 mais toujours vacant.



Contrairement à une idée reçue, Franck Biya n'est pas un homme effacé. Sa discrétion médiatique est une stratégie, pas une nature. Selon Africa Intelligence, il « tisse patiemment sa toile », multipliant les contacts dans les milieux d'affaires, au sein de l'appareil administratif et parmi les élites du Grand Nord, dont il est originaire par sa mère, Jeanne-Irène Biya.

Son atout maître : il n'a jamais occupé de fonction gouvernementale. Il n'est donc pas associé aux grands dossiers de corruption qui ont éclaboussé le régime ces dernières années. Dans un contexte où la question de la gouvernance est devenue centrale, cette distance avec les circuits de prédation constitue un capital politique considérable.



En face, Chantal Biya dispose d'un pouvoir autrement plus institutionnel. Première Dame depuis 1994, elle a progressivement imposé son influence dans les nominations aux postes clés. Le président de l'Assemblée nationale, Théodore Datouo, est présenté comme son « poulain ». Plusieurs directeurs de cabinet civil de la Présidence auraient été écartés à sa demande.

Son cheval de bataille pour la vice-présidence est Ferdinand Ngoh Ngoh, l'actuel secrétaire général de la Présidence, en poste depuis plus de quinze ans. Homme fort de l'administration, Ngoh Ngoh est perçu comme le véritable chef de l'appareil exécutif. Sa proximité avec la Première Dame est notoire.

Un climat délétère au sommet de l'État

Les tensions entre les deux camps ont failli dégénérer en juin 2026. Alors que Paul Biya était en Suisse pour un séjour prolongé, une fausse ordonnance présidentielle annonçant la nomination d'un vice-président et un remaniement gouvernemental a été diffusée sur les ondes de la CRTV. L'auteur présumé a été arrêté, mais l'incident a révélé l'ampleur du vide institutionnel et la fébrilité des réseaux.

Selon des informations concordantes, les services de sécurité américains avaient eux-mêmes conseillé au président Biya de reporter son voyage, redoutant que son absence ne soit mise à profit par certains cercles pour forcer un changement de gouvernement. Un conseil qui n'a pas été suivi.



Pour l'heure, aucun des deux camps n'a pris l'avantage de manière décisive. Franck Biya joue la carte du temps et de la légitimité biologique. Chantal Biya mise sur son contrôle de l'appareil administratif et sécuritaire.