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General News of Thursday, 31 May 2018

Source: cameroon-info.net

Election 2018: Jean-Baptiste Placca conseille Biya sur sa succession


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Le journaliste craint que se reproduise ici un scénario identique à celui qu’a vécu la Côte d’Ivoire après la mort de son premier président Félix Houphouët-Boigny.

Une partie de la chronique hebdomadaire de Jean-Baptiste Placca diffusée le 26 Mai 2018 sur Radio France Internationale (RFI) était consacrée au Cameroun. Le journaliste togolais est revenu sur les réactions engendrées par les déclarations de l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun (Peter Barlerin) qui proposait au président camerounais Paul Biya, de renoncer au pouvoir.

« Ces derniers temps, à la télévision camerounaise (la CRTV), l’on voit des manifestations « spontanées » de foules dressées dans des robes ou des chemises taillées dans des tissus à l’effigie de Paul Biya, étaler leur colère, décharger leur bile sur la personne de l’ambassadeur des Etats-Unis. Qui a osé suggérer au président Biya de songer à son héritage politique, en préparant sa succession. Quel toupet ! Le diplomate est donc vilipendé, injurié par des militants, pour avoir conseillé à un homme de 85 ans de songer à passer le relais ».

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Sur ce point, le chroniqueur de RFI s’étonne de voir qu’un homme qui totalise 56 ans de haute administration n’ait pas encore trouvé un homme capable de lui succéder. « Paul Biya est au pouvoir depuis 36 ans, après avoir été, pendant sept ans, Premier ministre. Et, auparavant, tour à tour chargé de mission, puis secrétaire général à la présidence de la République. Bref, depuis 1962, Paul Biya est à un très haut niveau de responsabilité dans l’appareil d’Etat, au Cameroun. Cinquante-six ans ! Et si aucun de ceux qu’il a formés et qui l’entourent ne peut lui succéder, alors, oui, le Cameroun a un gros problème ! », déplore-t-il.

Pour l’ancien de Jeune Afrique Economie, il est bon que le chef de l’Etat camerounais qui a un grand âge organise sa succession dès maintenant. Cela d’autant plus que son pays a un équilibre précaire. Ne pas le faire, dit-il, serait exposer le Cameroun à un avenir encore plus funeste que celui de la Côte d’Ivoire victime de l’attitude de son premier président Félix Houphouet-Boigny qui n’avait pas préparé sa succession avant de s’éteindre.

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« Ce pays est fragile de ses divisions régionalistes, pour ne pas dire ethniques. Et il s’en sortirait certainement mieux, si son président de 85 ans organisait sa succession, alors qu’il est encore en possession de tous ses moyens. Parce que si – qu’à Dieu ne plaise ! – il devait partir en laissant les Camerounais se débrouiller entre eux, alors ce serait pire que la Côte d’Ivoire. Oui, les Ivoiriens, à force de magnifier « l’houphouétisme », oublient de se dire, et de nous dire que si leur pays a connu un coup d’Etat, puis la guerre, c’est parce que « le vieux » n’a pas réglé le problème de sa succession avant de tirer sa révérence ».

Jean-Baptiste Placca salue par contre l’acte du prédécesseur de Paul Biya, Ahmadou Ahidjo qui quitta le pouvoir avec un successeur désigné. Le Sénégalais Léopold Sédar Sengor reçoit aussi des fleurs pour avoir « organisé à temps sa succession et n’est pas mort au pouvoir ».

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