Actualités of Friday, 13 February 2026

Source: www.camerounweb.com

Disparition inquiétante du journaliste Carlos Afana Mbida : une affaire dans l'affaire Martinez de Zogo, Eko Eko et la DGRE cités

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Le reporter, qui défendait l'innocence de l'ex-DG de la recherche extérieure, est porté disparu depuis une semaine


Une nouvelle disparition inquiétante secoue le monde des médias camerounais. Selon un reportage diffusé par Equinoxe TV, le journaliste Carlos Afana Mbida est porté disparu depuis près d'une semaine, sans donner le moindre signe de vie à sa famille. Cette affaire, qui survient trois ans après l'assassinat de Martinez de Zogo, soulève de nombreuses interrogations sur les circonstances de cette disparition.


Dans son témoignage livré à Equinoxe TV, la compagne du journaliste, mère de ses enfants, décrit avec angoisse les circonstances de la disparition : « Environ 7 jours aujourd'hui que je n'ai pas de ses nouvelles, les enfants pareil, sa famille, nous tous nous sommes à sa recherche. Depuis, il est porté disparu. C'est un mec qui est sorti de la maison et il n'est plus jamais revenu. »


Selon les informations recueillies par Equinoxe TV, Carlos Afana Mbida s'était illustré ces dernières semaines par ses prises de position sur les réseaux sociaux. Le journaliste soutenait avec vigueur l'idée que le commissaire divisionnaire Léopold Maxim Eko Eko, ancien directeur général Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) , n'avait rien à voir dans l'assassinat de Martinez de Zogo.


Cette position, à contre-courant de certaines accusations, lui avait valu des menaces explicites. « Après le troisième anniversaire de la mort de Martinez de Zogo, il a reçu des menaces par WhatsApp, par une dame qui lui a promis qu'on allait le retrouver s'il continuait de parler de l'affaire de Martinez de Zogo », révèle sa compagne au micro d'Equinoxe TV.

La compagne du journaliste disparu affirme qu'il aurait été en conflit avec des agents des renseignements en raison précisément de son soutien à l'ex-directeur général de la recherche extérieure dans le cadre du procès de l'affaire Martinez de Zogo.

« Ceux qui l'ont pris pensaient qu'il connaissait vraiment M. Eko Eko, mais ils ne le connaissent pas. Ils ne se sont jamais vus parce que M. Eko Eko n'est même pas là, il est incarcéré. Ce que je sais c'est que Carlos est ami avec sa fille », précise-t-elle dans le reportage d'Equinoxe TV.
Selon certaines sources, les ravisseurs présumés penseraient que le journaliste détiendrait des documents compromettants impliquant de hautes personnalités dans l'affaire Martinez de Zogo.

Cette disparition intervient dans un contexte particulièrement sensible. Martinez de Zogo, journaliste et directeur d'Amplitude FM, avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant d'être retrouvé mort cinq jours plus tard, le corps portant des traces de torture. Son assassinat avait provoqué un choc au Cameroun et à l'international, mettant en lumière les dangers auxquels sont confrontés les journalistes d'investigation dans le pays.

Le procès de cette affaire, qui implique plusieurs personnalités dont l'ancien directeur général de la recherche extérieure Léopold Maxim Eko Eko, se poursuit. La disparition de Carlos Afanambida, qui avait choisi de prendre publiquement la défense de ce dernier, pose la question d'une possible affaire dans l'affaire.
Une enquête policière ouverte

Selon les informations d'Equinoxe TV, une enquête a été ouverte par la police judiciaire, qui auditionne déjà des protagonistes de cette affaire. La compagne du journaliste lance un appel solennel pour sa libération, dans l'espoir qu'il soit retrouvé sain et sauf.

Cette nouvelle disparition ravive les craintes au sein de la communauté des médias camerounais. Trois ans après la mort de Martinez de Zogo, les journalistes qui traitent de sujets sensibles continuent de vivre sous la menace, particulièrement ceux qui s'intéressent aux affaires impliquant des personnalités influentes ou des services de sécurité.

Les organisations de défense de la liberté de la presse suivent de près cette affaire, qui pourrait constituer un nouveau test pour l'État de droit au Cameroun et la protection des journalistes dans l'exercice de leur métier.
La famille de Carlos Afanambida, ses amis et ses confrères attendent désormais avec angoisse des nouvelles du journaliste disparu, espérant que cette affaire ne connaîtra pas la même issue tragique que celle de Martinez de Zogo.