La performance douanière ne tient pas au montant spectaculaire des amendes. Elle se juge au recouvrement, à la réduction des infractions répétées et à la capacité des entreprises à comprendre les règles avant le contentieux.
La Commission d’approbation des dossiers contentieux a examiné 492 affaires entre le 5 et le 27 octobre. Les décisions font ressortir 2,27 milliards de FCFA d’amendes et 521,3 millions de droits compromis ou éludés. Ces chiffres signalent une activité de contrôle soutenue. Ils ne disent toutefois pas combien sera effectivement recouvré, combien de décisions seront contestées ni quelles infractions dominent cette session.
Une administration efficace doit poursuivre la fraude grave tout en distinguant les erreurs documentaires, les déclarations de valeur litigieuses et les réseaux organisés. Si les règles sont complexes ou appliquées de manière variable, les amendes peuvent devenir une source de négociation plutôt qu’un outil de conformité. La publication d’une typologie des manquements, des délais moyens de traitement et des voies de recours renforcerait la prévisibilité pour les opérateurs honnêtes.
La question est également économique. Des contrôles longs immobilisent des marchandises et augmentent les coûts logistiques ; une surveillance insuffisante pénalise les entreprises qui paient leurs droits. Le bon équilibre repose sur le ciblage par le risque, la traçabilité numérique et la pédagogie. Les 2,27 milliards doivent donc être suivis par trois indicateurs : montant recouvré, taux de récidive et délai de résolution. C’est à cette condition que le contentieux deviendra un levier de confiance et non une simple moisson mensuelle.









